La banque de détail soutient les bénéfices de BNP Paribas

Grâce à un coût du risque en recul, le résultat avant impôt des réseaux a plus que doublé sur un an
Antoine Landrot

BNP Paribas a fait mentir beaucoup d’analystes, qui anticipaient une moindre croissance des réseaux pour les banques françaises du troisième trimestre. Le bénéfice avant impôt de ses activités de banque de détail a en effet été multiplié par 2,2 par rapport au troisième trimestre 2009, pour atteindre 1,24 milliard d’euros.

Cette croissance permet au groupe de compenser le recul de 7,3% enregistré par ses activités de financement et d’investissement (BFI), à 1,26 milliard, tandis que le pôle Investment Solutions (gestion) affiche une croissance soutenue du bénéfice avant impôt (+19% à 495 millions). En définitive, le résultat net de BNP Paribas progresse de 46% à 1,9 milliard. Un montant supérieur au consensus Reuters, qui anticipait 1,74 milliard. Le PNB progresse de 1,8% à 10,8 milliards.

L’amélioration de la situation financière en banque de détail est liée au recul sensible des provisions pour créances douteuses, notamment dans les filiales étrangères ayant beaucoup souffert de la crise l’année dernière et début 2010. «L’amélioration de la situation dans les réseaux internationaux devrait se poursuivre dans les trimestres à venir», explique Baudouin Prot, directeur général.

Ainsi, le coût du risque passe de 350 à 130 points de base (pb) dans la zone Europe Méditerranée, porté essentiellement par l’Ukraine, dont le PNB recule tout de même de 15%. En Turquie, la fusion de TEB et Disbank (issues de BNP Paribas et de Fortis) créera le septième acteur du pays, avec plus de 640 agences et trois millions de clients. L’amélioration est également sensible pour la filiale américaine BancWest, dont le coût du risque passe de 363 à 107 pb en un an. «BancWest n’est pas touchée par la vague des saisies immobilières aux Etats-Unis, car elle n’est pas exposée aux prêts subprime», assure Baudouin Prot.

En Belgique et Luxembourg, le réseau a réduit ses provisions sur un an (35 contre 82 pb). Mais il voit sa situation se dégrader depuis le début 2010 (7 pb au premier trimestre, 32 pb au deuxième). En revanche, l’intégration de Fortis a déjà permis de dégager 612 millions d’euros de synergies, sur un objectif total de 900 millions en 2012. «Nous sommes en avance de six mois sur le plan annoncé», précise Baudouin Prot.

Associée à des nouvelles rassurantes quant à sa solvabilité, la solidité de ces comptes a été bien perçue: le titre s’est apprécié de 3,66%.

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