La baisse du ratio de solvabilité de Credit Suisse éclipse ses bons résultats
Les investisseurs ont décidé de voir le verre à moitié vide. Malgré de bons résultats trimestriels, portés comme ses consœurs américaines par un regain d’activité dans le trading, Credit Suisse a souffert en Bourse ce mardi en raison de son ratio de fonds propres durs (CET1), ressorti en baisse à 10% fin mars contre 10,1% fin décembre. Bien que le ratio de levier, une autre mesure de solvabilité, ait augmenté de 2,5% à 2,6%, un niveau encore sous la cible de 3% fin 2015, cet effritement a relancé les craintes d’un appel au marché.
«Le risque d’une augmentation de capital dilutive reste élevé», souligne Kepler Cheuvreux. Le courtier ajoute que «la baisse inattendue du ratio CET1 au premier trimestre a éclipsé les bons résultats» de Credit Suisse, qui vise un ratio CET1 de 11%. En hausse de 23% sur un an, à 1,054 milliard de francs suisses (1,03 milliard d’euros), le bénéfice net a notamment bénéficié des bonds respectifs de 9,2% et 11% des revenus liés au trading obligataire et d’actions, à 1,73 et 1,34 milliard de francs suisses.
Pour expliquer la baisse de son ratio CET1, Credit Suisse met en avant «la combinaison d’un impact des taux de change [le choc sur le franc suisse, ndlr], les achats saisonniers d’actions pour les plans de rémunération des employés et l’effet sur les actifs pondérés du risque (RWA) de changements de méthodologie réglementaire».
Alors que les observateurs attendent avec impatience l’arrivée en juin de Tidjane Thiam en remplacement de Brady Dougan, directeur général depuis 2007, Credit Suisse a déjà opté pour une réduction de la taille de son bilan. Après avoir diminué en février son objectif de levier ajusté des taux de change à une fourchette de 960 à 990 milliards de francs suisses, la banque a indiqué ce lundi avoir comprimé son exposition de 95 milliards sur le trimestre.
Outre la réduction de la voilure et un plan d’économies, revu mardi en légère baisse, Credit Suisse met en avant la solidité de son modèle économique. «La génération organique [de capital] est suffisante pour nous amener là où nous le souhaitons», a souligné Brady Dougan. Parmi les inflexions stratégiques attendues de Tidjane Thiam pourrait notamment figurer un renforcement de l’activité de banque privée et de gestion de fortune, dont le RoE s’est établi à 24,3% au premier trimestre.
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