La «bad bank» autrichienne Heta craint de devenir totalement insolvable
Les obligations seniors de la «bad bank» autrichienne Heta ont connu jeudi un nouvel accès de faiblesse. Au lendemain de l’annonce d’un déficit en fonds propres de 7 milliards d’euros, dans le haut de la fourchette des premières estimations, ces titres sont revenus tutoyer les 60% du pair, alors que la situation s’avère de plus en plus compliquée pour la structure de défaisance de l’ex-Hypo Alpe Adria.
«Selon le directoire, il y a de nombreuses incertitudes [sur la possibilité de mener à bien] la liquidation ordonnée de Heta sans déclarer l’insolvabilité, en particulier concernant la période allant au-delà de l’actuel moratoire», a ainsi admis la structure de défaisance dans son rapport annuel, publié ce jeudi, citant également des procédures judicaires en cours avec BayernLB, l’ex-propriétaire de Hypo Alpe Adria.
Début mars, l’autorité des marchés du pays avait annoncé la mise en résolution ordonnée de la «bad bank», ainsi qu’un moratoire sur sa dette jusqu'à la fin mai 2016. Ces décisions découlaient des premiers résultats d’un audit faisant apparaître un besoin de capital compris entre 4 et 7,6 milliards d’euros. Des montants qui dépassaient l’enveloppe restante de 2,9 milliards d’euros d’aide autorisée par Bruxelles à l’Etat autrichien. Vienne avait déjà injecté 5,5 milliards dans le groupe pour le nationaliser en 2009 et le renflouer.
«Les passifs totalisant 16,6 milliards d’euros sont couverts par des actifs de 9,6 milliards d’euros, traduisant un déficit en capital de 7 milliards d’euros», a précisé Heta mercredi soir. Ce trou s’est agrandi l’an dernier de 3,3 milliards d’euros en raison de dépréciations d’actifs, qui ont induit une perte sur l’exercice de 7,9 milliards. Cette dernière a également été alimentée par un impact négatif de 1,7 milliard d’euros, en raison des garanties apportées à Advent et à la Berd dans la vente des actifs balkaniques de l’ex-Hypo Alpe Adria, en cours de clôture.
«Le plan de résolution de Heta doit être décidé (autour de la mi-2015, ndlr) ainsi que le montant des pertes qui seront supportées par les créanciers, dont les créanciers seniors possédant la caution de la Carinthie», rappellent les analystes d’Aurel BGC. Début juin, les investisseurs avaient accueilli avec espoir des rumeurs d’offre de rachat à 80% ou 90% du pair des obligations seniors émises par Heta, par la suite sèchement démenties par le ministère des Finances.
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