Groupama doit remédier à la faiblesse de sa solvabilité
La pression s’accentue sur Groupama. Vendredi 23 septembre, Standard & Poor’s devrait rendre son verdict sur la notation de l’assureur, dix jours après avoir placée sa note «BBB+» sous surveillance avec implication négative. Deux hypothèses sont sur la table: un maintien de la note en l’état ou un abaissement d’un ou deux crans. L’urgence est réelle pour le groupe mutualiste dont la solvabilité pâtit fortement de la chute des marchés boursiers. Une situation qui, selon plusieurs sources, nourrirait une vive inquiétude au sein de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP).
Début août, en publiant ses résultats semestriels, Groupama avait déjà reconnu que sa marge de solvabilité s’établissait à 117% en raison de la chute de marchés financiers, contre 130% à fin juin. Depuis, la situation a empiré. La compagnie a 15% d’actions dans son portefeuille d’actifs, pour un montant de plus de 10 milliards d’euros. Pire, elle détient d’importantes participations dans la Société Générale, Veolia Environnement, Eiffage et Saint-Gobain.
Or, «sur ces quatre participations, la valeur de marché était de 2,63 milliards d’euros pour Groupama à fin juin, note un analyste d’une banque parisienne. Aujourd’hui, elle est de 1,33 milliard d’euros, soit un total de 1,3 milliard d’euros de moins-values latentes supplémentaires depuis fin juin.» Autant de moins-values qui viendront donc amputer sa marge de solvabilité et, donc, ses fonds propres. La facture pourrait même s’alourdir car l’assureur détient 4,93% de Mediobanca et 8,28% de la banque hongroise OTP, deux établissements qui ont aussi subi la tempête boursière estivale et pour lesquels la moins-value latente se chiffre à près de 600 millions selon nos calculs aux cours d’hier.
La situation peut encore évoluer dans un sens favorable d’ici au 31 décembre et en fonction de l’interprétation des normes IFRS. Mais les sommes en jeu sont considérables pour un groupe qui affiche 4,3 milliards d’euros de fonds propres à fin juin (7 milliards avec les caisses régionales). Pour se renflouer, l’assureur entend faire appel à ses caisses, actionnaires à 99,9% de Groupama SA, à travers une augmentation de capital de 500 millions d’euros. «Mais ce montant n’a toujours pas été validé», souligne un syndicaliste chez Gan. Il faudrait surtout beaucoup: «plutôt 1,5 milliard, et pas 500 millions, pour se donner de la marge», indiquait dès juillet Philippe Picagne, analyste chez CreditSights.
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