Goldman Sachs veut attaquer en justice la Banque du Portugal
Le fantôme de Banco Espirito Santo (BES) n’a pas fini de planer sur la planète finance et pourrait valoir une attaque légale de Goldman Sachs contre la Banque du Portugal. Le géant de Wall Street menace en effet de poursuivre cette banque centrale pour contester sa décision de maintenir dans la «bad bank» née des actifs toxiques de BES un prêt de 835 millions de dollars (735 millions d’euros) qu’elle a indirectement consenti le 3 juillet 2014 à l’ex-première banque portugaise.
Ces actifs ont été logés le 3 août dans une structure de défaisance lors du plan de sauvetage qui a conduit à la création de la «bonne banque» Banco Novo, aujourd’hui courtisée par quinze acheteurs et qui devrait être reprise avant l’été. Ni ce prêt ni une levée de capital d’un milliard d’euros le 11 juin n’avaient empêché BES de révéler une perte fatale de 3,6 milliards d’euros fin juillet.
La société Oak Finance Luxembourg a consenti à BES début juillet 2014 un prêt à 4 ans qu’elle a refinancé en émettant des obligations rachetées par Goldman et certains de ses clients, des hedge funds et des fonds de pension. La décision d’arranger ce prêt aurait été prise à un haut niveau et approuvée par au moins trois comités de créanciers chez Goldman Sachs, selon le Wall Street Journal.
Selon Goldman, la Banque du Portugal aurait envisagé en août de transférer le prêt à Novo Banco, avant de confirmer fin décembre qu’il resterait dans la «bad bank», avec des pertes probables à la clé. L’appel de la banque de Wall Street contre cette décision vient d’être rejeté par Lisbonne. «La décision de la banque du Portugal de ne pas restaurer Oak Finance dans ses droits est basée sur des erreurs factuelles et viole les principes d’équité. Nous avons l’intention de recourir à tous les moyens légaux pour réparer cette injustice et ce sans attendre», déclarait mardi un porte-parole de Goldman Sachs.
La banque centrale a indiqué que la dette de BES envers Oak Finance n’a pas été transférée dans Novo Banco parce qu’elle considère que Oak avait contracté son prêt pour le compte de Goldman Sachs, alors actionnaire de BES à hauteur de 2%. Goldman Sachs répond qu’elle ne possédait que 1,6% de droits de vote attachés à ses parts, sous la barre des 2% à partir de laquelle une loi place ses actifs dans la «bad bank».
Le prêt a dû être déprécié au quatrième trimestre par Goldman, pesant sur les résultats et certains bonus de la banque.
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