Generali tient un conseil d’administration sous haute tension
Generali défraye à nouveau la chronique en Italie. L’assureur devait tenir aujourd’hui un conseil d’administration consacré à l’examen des comptes 2010. Mais la réunion devrait prendre un tour plus passionnel, deux jours après la démission de l’un des administrateurs, Leonardo Del Vecchio.
Le patron du fabricant de montures Luxottica a décidé de claquer la porte après la parution le 16 février d’un entretien de Cesare Geronzi, président de Generali, au Financial Times. L’ex-banquier, successeur en avril dernier d’Antoine Bernheim, indiquait que la compagnie pourrait prendre des participations dans des banques italiennes si ces dernières levaient du capital pour se mettre en conformité avec les règles de solvabilité de Bâle 3. Une stratégie en totale contradiction avec le message livré aux investisseurs par Generali fin novembre. Cesare Geronzi n’en avait pas non plus parlé au conseil d’administration. «Je me rends compte que ma contribution n’a pas d’incidence sur les choix stratégiques de cette entreprise», s’est plaint lundi Leonardo Del Vecchio dans une lettre.
Le patron de Luxottica, dont le groupe détient près de 2% de Generali, n’est pas le seul administrateur à s’en prendre à Cesare Geronzi. Le fondateur du chausseur Tod’s, Diego Della Valle, a appelé publiquement le président à céder la participation de 3,8% que le Lion de Trieste détient dans RCS, l’éditeur du Corriere della Sera. Un appel intéressé, Diego Della Valle ayant des vues sur le groupe de médias, mais qui reflète bien les complexes luttes d’influence dont les grandes entreprises italiennes sont coutumières.
L’entrepreneur a déjà obtenu que le sujet des participations industrielles de Generali soit inscrit à l’ordre du jour du conseil d’administration. Ce dernier pourrait aussi évoquer les fonctions de président de Generali, au rôle non exécutif.
Ces dissensions font en tout cas mauvais effet alors que la compagnie a déjà fait évoluer ces derniers mois son organigramme (L’Agefi Quotidien du 14 décembre) en faisant plancher sur la question des bataillons de consultants. «Il y a un risque que la gouvernance de Generali, déjà mauvaise, se détériore et menace les décisions stratégiques à venir», estimaient hier les analystes de CA Cheuvreux. «Que le président remette en question le principal message de la journée investisseurs n’est pas très sage», se désolaient ceux de Kepler Capital Markets.
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