Estelle Philippi / White & Case
Estelle Philippi, associée en fiscalité, White & Case
37 ans, magistère de juriste d’affaires européen - université de Nancy.
En l’espace d’un an seulement, Estelle Philippi a accédé successivement aux grades de counsel puis d’associée de White & Case Paris. Une promotion rapide mais néanmoins « légitime » pour cette avocate spécialisée en fiscalité française et internationale qui, depuis sa cooptation au rang de counsel le 1er janvier 2019, et même avant cela, s’était impliquée quotidiennement dans le bon fonctionnement du cabinet. « Je me suis véritablement investie dans l’équipe fiscale et les autres pratiques avec lesquelles je suis amenée à travailler main dans la main : ‘corporate’, ‘private equity’, immobilier, marchés de capitaux… Je pense avoir démontré, en interne comme en externe auprès des clients, que j’étais prête pour ce rôle d’associée depuis un certain temps », analyse-t-elle.
Une ascension fulgurante, donc, pour celle qui se décrit comme un « pur produit de l’université ». Titulaire d’un master 2 Droit de l’entreprise et des affaires, d’un DJCE et d’un magistère de juriste d’affaires européen de l’université de Nancy, dont elle est originaire, Estelle Philippi ne se destinait pourtant pas au départ à une carrière d’avocate. « Je voulais faire les Beaux-Arts et devenir peintre », confie-t-elle en souriant. « La raison, couplée à des parents très pragmatiques, m’ont finalement fait changer d’avis ; si l’art est une véritable passion, il me paraissait plus difficile d’en vivre. » En troisième année de magistère, l’étudiante fait un passage à l’université de Cologne. « C’était un défi linguistique personnel ! J’ai choisi l’Allemagne même si je savais que ma carrière professionnelle m’amènerait plutôt vers les pays anglo-saxons. »
Après avoir fait ses premiers pas au sein du français Fidal en 2008, elle rallie en effet en 2012 le bureau parisien de la firme américaine White & Case. « Dès l’entretien, cela a été un véritable coup de cœur humain et professionnel », se remémore-t-elle. Estelle Philippi affirme que, depuis, cette bonne entente ne s’est jamais démentie. Et en sept ans, la jeune avocate qui intervient principalement sur des dossiers de private equity, transactions immobilières et fiscalité patrimoniale et de l’actionnariat a multiplié les deals d’envergure : la cession par Airbus de 23,6 % du capital de Dassault Aviation, le financement de Financière Colisée ou, plus récemment, celle, par deux investisseurs minoritaires, d’une quote-part du groupe Socotec, pour laquelle elle assistait l’investisseur majoritaire Cobepa. « Notre pratique est transversale et transfrontalière, commente-t-elle. Les dossiers qui cumulent des aspects ‘corporate’, ‘M&A’ et de fiscalité personnelle, notamment lorsque nous assistons des ‘family offices’, sont parmi les plus stimulants pour moi ; ils sont complexes et nous permettent d’accompagner nos clients de A à Z. »
Depuis sa nomination en qualité d’associée le 1er janvier 2020, Estelle Philippi jongle entre ses nouvelles responsabilités et sa vie de femme, puisqu’elle est également mère de trois jeunes enfants. « Cela demande de l’organisation et beaucoup de logistique. C’est un peu comme si je gérais une deuxième entreprise à la maison », s’amuse-t-elle. Pas de quoi lui faire peur, cependant. Elle compte même s’investir davantage dans le développement du cabinet, et notamment dans le renforcement de la pratique de contentieux fiscal et de private client ainsi que des activités pro bono. « L’idée est d’accompagner au maximum ceux qui en ont besoin : les associations bien sûr, mais aussi les start-up qui se lancent et ont besoin de financement. Dans ce cadre, je souhaite initier de nouvelles actions conjointes avec les banques, qui sont là pour les aider à se financer, et nous pour structurer le tout et leur permettre de concrétiser leur projet. » Encore de beaux projets en perspective.
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