Deutsche Bank va déconsolider sa filiale de détail Postbank
Si Deutsche Bank doit détailler ce matin les conclusions de sa revue stratégique lors de rendez-vous avec les analystes et les journalistes, la première banque allemande en a livré un premier aperçu vendredi. Depuis plusieurs mois, le sort de Postbank constituait un point d’interrogation majeur. L'établissement a décidé de déconsolider sa filiale de banque de détail Postbank pour laquelle il a dépensé plus de 6 milliards d’euros afin de détenir environ 94% du capital.
Cet actif, qui faisait partie de la stratégie déployée par l’ancien président du directoire Josef Ackermann, a permis à Deutsche Bank de plus que doubler le nombre de ses clients particuliers en Allemagne. Les bénéfices financiers ont été plus lent à se matérialiser. L’an dernier, le rendement des fonds propres (RoE) de Postbank s'établissait à 4%, selon les analystes de Barclays. Une performance inférieure d’un point de pourcentage à la moyenne observée pour le reste de son activité de banque de détail en Allemagne.
Dans la banque de financement et d’investissement (BFI), pour laquelle la direction vient de s’acquitter d’une amende record en lien avec le dossier du Libor, Deutsche Bank compte réduire la voilure dans le métier titres (CB&S). Selon Bloomberg, quelque 150 milliards d’euros d’actifs qui sont inclus dans le calcul du ratio de levier vont être liquidés. Selon les estimations des analystes de JPMorgan, cela équivaudrait à environ 18% du total.
En revanche, l'établissement prévoit d’investir dans ses activités de gestion, de banque privée et d’outils de financement (cash management, trade finance...). Une orientation jugée favorablement par Alevizos Alevizakos, analyste de Keefe Bruyette & Woods qui regrette toutefois qu’en l'état, le plan «ne règle pas le problème de la rentabilité en berne et ouvre la boîte de Pandore sur le plan du financement». Anshu Jain et Jürgen Fitschen, qui forment le duo à la tête du groupe bancaire, ont repoussé à 2016 l’objectif d’un RoE d’au moins 12%. Cet indicateur s'établissait à 2,7% l’an dernier et ressort à 3,1% au premier trimestre de l’exercice en cours.
Sur cette période, le bénéfice net a atteint 544 millions d’euros, a fait savoir Deutsche Bank dimanche. Cela se compare à un résultat de 1,1 milliard d’euros au premier trimestre 2014 et à un consensus Bloomberg de 256 millions. Les résultats auraient été éclatants sans une charge pour litige de 1,5 milliard d’euros.
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