Deutsche Bank souffre en banque de détail
Il n’y a pas que des bonnes nouvelles dans les résultats publiés jeudi par Deutsche Bank. Si la première banque allemande a créé la surprise en annonçant un bénéfice net de 253 millions d’euros au quatrième trimestre quand le consensus Reuters attendait une perte de 83 millions, sa banque de détail publie des résultats trimestriels en forte baisse.
La division Private & Business Clients (PBC) de Deutsche Bank a réalisé un résultat net de 55 millions d’euros, en baisse de 75 % par rapport au quatrième trimestre 2013 (218 millions d’euros). Le résultat de la banque de détail pour l’année 2014 ressort à 1,33 milliard d’euros, contre 1,55 milliard en 2013, en baisse de 14%. Quelque 330 millions de charges exceptionnelles liées à des obligations légales ont amputé ces résultats malgré des revenus plutôt stables. L’environnement de taux bas, les perspectives économiques en zone euro et la faible rentabilité de la banque de détail restent des défis pour cette activité, considère Deutsche Bank.
De fait, les deux présidents du directoire présenteront fin juillet leur revue stratégique du modèle de banque universelle, annoncée depuis décembre. La principale banque allemande avait indiqué qu’elle allait procéder cette année à une revue précise de toutes ses activités, alors qu’un nouveau plan stratégique doit être présenté au second semestre.
Interrogé jeudi sur une possible scission de Postbank, filiale de banque de détail progressivement rachetée entre 2008 et 2012 pour 6 milliards d’euros, son directeur financier, Stefan Krause, a indiqué que Postbank était toujours en cours d’intégration. Les co-présidents envisageraient toutefois la cession de la moitié de Postbank, selon Bloomberg. En se séparant de sa banque de détail, Deutsche Bank lèverait du capital, simplifierait son modèle, et se retirerait du marché peu profitable de la banque de détail en Allemagne.
L’idée d’une scission et d’une introduction en Bourse (IPO) des activités de banque de détail de Deutsche Bank a été évoquée par la presse allemande fin 2014. Deutsche Bank répondrait ainsi au projet de réglementation contraignant les banques à cantonner leurs activités à risque, et l’IPO de la banque de détail pourrait servir de point d’appui à la signature d’un partenariat stratégique avec un acteur étranger. Les noms de BNP Paribas ou Santander ont circulé.
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