De nouveau bénéficaire, Lloyds Banking Group se montre prudent pour 2011
Antonio Horta-Osorio, qui va prendre la direction de Lloyds Banking Group dès demain, pourra asseoir sa stratégie sur un établissement au bilan assaini. A l’occasion de son exercice 2010, la banque britannique partiellement nationalisée est repassée dans le vert en publiant un bénéfice imposable de 2,2 milliards de livres (2,6 milliards d’euros), légèrement supérieur aux prévisions des marchés, alors qu’elle avait perdu 6,3 milliards de livres en 2009.
L’amélioration des résultats est à mettre sur le compte d’une reprise des activités dans la banque de détail et les activités de gros, lesquelles ont généré respectivement des bénéfices imposables de 4,72 et 3,23 milliards. Le déclin des provisions pour créances douteuses à hauteur de 45% sur une année à 13,2 milliards de livres, conséquence d’une amélioration de l’économie britannique, ont contribué à l’embellie. Dans une conférence de presse téléphonique, Eric Daniels, directeur général en partance de LBG, a indiqué qu’il s’attendait à la poursuite du déclin des créances douteuses tout en signalant que le rythme de 45% ne pouvait pas être répercuté tous les ans. D’autant que des zones d’ombres subsistent: le marché irlandais a enregistré une hausse de son coût du risque à 4,3 milliards de livres en 2010 contre 2,9 milliards une année auparavant.
Sur la cession du réseau d’agences de Lloyds, le directeur général de la banque a réitéré que le groupe avait d’abord souhaité se concentrer sur l’intégration de HBOS et de Lloyds TSB, réalisée à ce jour aux deux tiers, avant de procéder à la vente des actifs. Les négociations avec la Commission européenne ont imposé à la banque de se défaire de son réseau de 600 agences avant fin 2013. «La cession se fera dans les délais», a commenté le directeur général.
Les bons résultats de la banque n’ont cependant pas ému outre-mesure les marchés. Ces derniers se sont focalisés sur sa marge d’intérêt nette, autrement dit l’écart entre le taux auquel la banque prête et celui auquel elle se refinance, en hausse à 2,1% en 2010 comparé à 1,77% en 2009. Lloyds a en effet indiqué que cet indicateur n’allait pas s’améliorer en 2011, rendant «optimiste» selon les analystes, l’objectif sur le moyen terme d’une marge de 2,5%.
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