Danske Bank prend la mesure d’un environnement de taux durablement bas
Danske Bank fait le grand ménage dans ses comptes. C’est à la suite notamment de discussions avec le régulateur bancaire local, la Financial Supervisory Authority, que la banque danoise a comptabilisé hier 9 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros) de dépréciations d'écart d’acquisitions (goodwill). Ces charges, qui figureront dans le rapport annuel 2014, sont liées aux activités en Finlande, en Irlande du Nord et en Estonie. L’opération ramènera les survaleurs figurant au bilan à 9,5 milliards de couronnes (1,3 milliard d’euros).
«Cela n’a quasiment aucune implication pratique», a expliqué le directeur financier Henrik Ramlau-Hansen. Le goodwill étant déjà déduit du capital réglementaire, les ratios de solvabilité ne seront pas affectés. A fin septembre, le ratio common equity tier one (CET1) s'établissait à 15% (13,8% fully loaded). De plus, la banque a confirmé son objectif de bénéfice net annuel qui devrait se situer dans une fourchette comprise entre 11,5 et 13,5 milliards de couronnes (1,5 et 1,8 milliard d’euros) hors dépréciations de survaleurs. «En les incluant, cela abaisse la fourchette de profit à 2,5-4,5 milliards de couronnes (336-605 millions), à comparer à un bénéfice net de 7,1 milliards de couronnes (955 millions) en 2013», précise CreditSights.
Les échanges avec la FSA ont porté sur la capacité de Danske Bank à gérer des environnement de taux d’intérêt en évolution. «Ces dépréciations reposent sur le fait que nous voyons les niveaux des taux continuer à baisser tout au long de 2014 et que de nombreux signes montrent qu’ils resteront très très bas pour une longue période», a souligné Henrik Ramlau-Hansen. Danske Bank semble être plus réactive aujourd’hui après avoir été réprimandée en juillet dernier par la FSA pour avoir sous-estimé ses actifs pondérés du risque (RWA) de 2,7 milliards de couronnes dans ses activités de détail.
Pour CreditSights, si ces conditions de marché se poursuivent, «il est possible que d’autres banques européennes doivent également ajuster les hypothèses de leur modèle afin de refléter une rentabilité future plus basse. Cela signifie que Danske Bank pourrait ne pas être la seule banque à enregistrer de telles dépréciations».
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