Credit Suisse fait preuve de prudence pour la fin de l’année
Les bons résultats trimestriels de Credit Suisse ne l’ont pas plongé dans l’euphorie. L’établissement est resté prudent dans ses prévisions de fin d’année – en raison de la banque d’investissement.
Paradoxalement, celle-ci a doublé son résultat avant impôt au troisième trimestre, à 516 millions de francs (428 millions d’euros), porté par des revenus en hausse de 73% dans le trading sur les marchés de taux (à 1,44 milliard), en particulier dans les produits de titrisation et sur les marchés émergents. Mais l’activité a été «mitigée» en octobre, a indiqué Brady Dougan, le directeur général de Credit Suisse.
En effet, la volatilité depuis le début du mois bénéficie aux activités de trading, mais elle affecte le conseil lié aux opérations de marché (IPO, M&A, etc.) et elle rend les clients de banque privée plus prudents. «Les activités de souscription ont clairement été mises en veilleuse. Il y a beaucoup d’opérations en chantier, mais leur réalisation dépendra des conditions de marché», a expliqué le patron de l’établissement.
La dépendance envers la banque d’investissement est finalement facteur d’incertitude. C’est pourquoi la cure d’amaigrissement va se poursuivre. Sur les 70 milliards de francs de réduction de bilan prévus, 26 milliards concernent les activités de taux et changes.
Mais juger Credit Suisse sur son seul pôle de banque privée/gestion de fortune se révèle peu enthousiasmant. Le bénéfice imposable a reculé de 7,4%, à 943 millions de francs, en raison de revenus en baisse. La collecte nette atteint en revanche 8 milliards. «La banque privée continue d’afficher une évolution à deux visages: bonne collecte nette mais poursuite de la pression sur les marges. Le processus d’évolution du business model de Credit Suisse semble en bonne voie mais reste selon nous moins abouti/tranché que chez ses principaux comparables, UBS et Deutsche Bank», indiquent les analystes de Natixis.
En outre, l’établissement a encore des progrès à faire en solvabilité. Si sa marge prudentielle s’améliore (+30 points de base sur le ratio de fonds propres CET1 sous Bâle 3, à 9,8%), sa marge de manœuvre est encore limitée dans le contexte réglementaire à venir. Credit Suisse devra donc augmenter son ratio, ce qui laisse perplexe Kepler Cheuvreux quant à sa capacité à verser des dividendes en numéraires. En outre, le ratio de levier de 3,3% «est à un niveau encore faible par rapport aux banques européennes et américaines», soulignent les analystes d’Oddo.
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