Crédit Agricole SA se laisse de la marge sur ses objectifs à 2014
Trop prudent, peu emballant… Centré sur la banque de détail en Europe, le plan stratégique à 2014 de Crédit Agricole SA n’a guère suscité l’enthousiasme. Un exemple: le groupe vise un résultat net de 6 à 7 milliards d’euros en 2014, quand le courtier Raymond James attendait 7,1 milliards dès 2013. Et la banque verte a laissé les analystes sur leur faim en matière de cessions d’actifs.
Cette prudence laisse a contrario au groupe de la marge sur ses objectifs. Comme l’a dit Jean-Paul Chifflet, son directeur général, «le plan n’intègre ni les cessions, ni les acquisitions, s’il y en avait». Un rachat de Pioneer, même s’il semble mal engagé, permettrait par exemple de revoir à la hausse les perspectives du pôle gestion.
L’objectif d’un ratio de fonds propres durs sous définition Bâle 3 (common equity tier one, CET1) supérieur à 7% au 1er janvier 2013 et 8,75% fin 2014 fait quant à lui l’impasse sur plusieurs leviers. Le portefeuille d’actifs gérés en extinction, que Bâle 3 va gonfler de 25 milliards d’euros en emplois pondérés, et qui cessera de dégager des pertes en 2013, pourrait être cédé, comme l’a fait en partie Natixis l’an dernier. «Cela économiserait 5% des actifs pondérés en risque du groupe», relève Pierre Flabbée, chez Kepler Equities.
Le versement d’une partie du dividende en actions – le plan intègre uniquement un paiement en cash – renforcerait aussi la solvabilité, tout comme la cession de certaines lignes, dont les 4,8% dans Intesa. «Même en intégrant la moins-value probable liée à une cession à court terme des participations dans Bankinter et BES, le groupe pourrait récupérer près de 30 pb de CET1», estiment les analystes de Raymond James. Ceux d’Oddo placent même le curseur à 160 pb, en incluant une baisse de 10 milliards des actifs pondérés en extinction. Seul gros bémol: l’impact inconnu d’une surcharge en capital pour les banques systémiques. Un risque «SIFI» que Crédit Agricole SA espère voir traité au niveau du groupe (intégrant 100% des caisses régionales), pour être moins pénalisé que BNP Paribas ou la Société Générale, selon Oddo.
«Une restructuration plus agressive du bilan sera la clé qui libérera de la valeur sur le titre», résume Jon Peace, chez Nomura. Car les analystes concordent: CASA se paie en Bourse autour de 0,6 fois sa valeur comptable 2011, et reste sous-évalué dans le secteur bancaire malgré ses objectifs de rentabilité conservateurs.
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