Commerzbank veut donner un coup de fouet à son ratio de solvabilité
Commerzbank a besoin d’un remontant. Après avoir accepté début mars de verser 1,45 milliard de dollars (1,37 milliard d’euros) aux autorités américaines pour mettre fin à des poursuites portant notamment sur des transactions avec des pays sous embargo, la deuxième banque allemande se lance dans une augmentation de capital d’un montant similaire. L'établissement va émettre 113,85 millions d’actions nouvelles dans le cadre d’une procédure de placement accéléré auprès d’investisseurs institutionnels.
Selon une source citée par Reuters, Commerzbank souhaite fixer le prix de l’offre au plus près de son cours de clôture de lundi, soit 12,91 euros. L’opération doit permettre ainsi à la banque de lever autour de 1,4 milliard d’euros. La deuxième banque allemande a augmenté son capital à cinq reprises depuis le renflouement de 18,2 milliards d’euros effectué par le gouvernement allemand en 2009. Berlin détient encore 17% du capital de l'établissement.
Toujours d’après l’agence de presse, cet appel au marché n’a pas de lien avec la décision prise par Deutsche Bank de céder la majorité du capital de sa filiale Postbank. «Le seul motif de l’augmentation de capital, c’est de renforcer les ratios de fonds propres», explique une source. L’opération devrait permettre de hisser le ratio de fonds propres durs (common equity tier one) au-delà de 10% sur une base pro forma à la fin mars (sous Bâle 3) et le ratio de levier à 3,9%. A la fin du premier trimestre, le ratio CET1 s'établissait à 9,5%, en hausse de 20 points de base comparé à fin 2014.
L’annonce de cette augmentation de capital a accompagné la publication des résultats préliminaires du premier trimestre. Le bénéfice net a progressé de 83% pour atteindre 366 millions d’euros, tandis que le bénéfice opérationnel a plus que doublé pour s'établir à 685 millions d’euros. Les revenus avant provisions pour créances douteuses (158 millions d’euros) sont également en hausse, à 2,8 milliards d’euros.
«Les raisons principales de cette déviation positive des résultats par rapport aux attentes du marché viennent, à périmètre comparable des revenus tirés des transactions de la clientèle et des marchés de capitaux, d’effets de valorisation positifs et d’effets exceptionnels positifs», détaille la banque dans un communiqué, qui souligne en outre les progrès réalisés au niveau de sa structure de défaisance.
Plus d'articles du même thème
-
L’inquiétante correction des marchés de taux
Les facteurs de risque s’enchaînent pour faire monter les taux longs un peu partout dans le monde. Et s’il est davantage question de désorientation du marché que de véritable krach obligataire, il reste difficile d’anticiper une inversion du mouvement. -
Malgré les tensions, les discussions autour de la restructuration de Casino se poursuivent
Le distributeur ne paiera pas les intérêts dus fin septembre à certains de ses créanciers qui lui ont intenté une action contentieuse en août et s’opposent au projet de restructuration qu’il a choisi. Un accord entre les différentes parties semble malgré tout encore possible. -
Les pays émergents ont gonflé la dette mondiale
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi Emmanuel Macron annonce l'envoi de soldats français en Arabie saoudite
Le président de la République a annoncé jeudi soir l'envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, espérant contribuer à la stabilisation des marchés pétroliers affolés par la guerre au Moyen-Orient -
AlerteEmmanuel Macron renouvelle ses mises en garde contre la Russie
Le chef de l'Etat a tenté de faire la pédagogie de son action pour faire baisser les prix des carburants et assurer la sécurité du pays face au bellicisme russe -
EditorialMacron aux 20 heures : expliquer, c'est aussi inquiéter
Il y a près de seize mois qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu à la télévision, en ouverture des 20 heures de TF1 et France 2. Et ce n’est pas un hasard si le chef de l’Etat a choisi ce format XXL pour s’exprimer : les Français sont entrés très tôt, très vite, très fort dans la campagne électorale, joute dont Emmanuel Macron, pourtant constitutionnellement inéligible, ne veut pas être exclu. Le risque pour lui serait en effet que, déjà proche des pires scores de popularité décrochés par François Hollande à la fin de son unique mandat, il devienne le punching ball de tous les candidats, à la fois pour son bilan et pour sa responsabilité dans l’état de dénuement budgétaire et financier dans lequel se retrouve le pays en pleine crise de l’énergie.