Co-op Bank est la seule recalée des stress tests britanniques
Deux mois après l’ABE et la BCE, la Banque d’Angleterre (BoE) a publié à son tour hier les résultats de ses stress tests. Outre Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group et RBS, déjà passées au crible par les autorités du continent, la BoE a également intégré à sa liste Nationwide, Santander UK, Standard Chartered et Co-op Bank, la seule banque à avoir été recalée.
En grande difficulté, l’établissement mutualiste avait déjà indiqué s’attendre à ne pas réussir le test, qui consistait à afficher fin 2016 un ratio CET1 minimum de 4,5% des actifs pondérés du risque (RWA) malgré un choc économique majeur. Le ratio CET1 négatif de 2,6% de Co-op Bank a conduit la banque à présenter un nouveau plan d’actions. La dégradation de ses fonds propres étant due pour plus de 9 points de pourcentage à l’augmentation de ses RWA, Co-op Bank cédera ainsi 5,5 milliards de livres d’actifs supplémentaires d’ici à 2018.
Afin de s’assurer de la solidité du secteur bancaire britannique, la BoE a intégré dans son «scénario adverse» des hypothèses plus pessimistes que les tests européens. Le PIB plongerait ainsi de 3,5% par rapport à son niveau de fin 2013, contre 2,1% dans le cas de l’examen européen. En outre, le scénario introduit, via une forte baisse de la livre, des pressions inflationnistes qui conduiraient à une hausse des taux directeurs à 4% et une nette remontée des taux longs. «Un aspect particulier du marché immobilier britannique est la forte proportion de crédit à taux variable», s’inquiète la BoE. Les prix de l’immobilier résidentiel et commercial chuteraient de 35%.
Si cinq établissements ont sans difficulté passé ce test, avec des ratios CET1 allant de 6,7% pour la société de crédit immobilier Nationwide à 8,7% pour HSBC, RBS (5,2%) et Lloyds Banking Group (5,3%) ont tout juste réussi. Le régulateur a néanmoins jugé suffisants les efforts de recapitalisation concédés depuis janvier par les deux établissements, qui ont augmenté de 200 points de base leur ratio CET1.
«Ce résultat était prévisible pour Lloyds étant donné que les paramètres du test se focalisaient sur les activités de banque de détail et le marché immobilier», notent les analystes de Credit Suisse. Le bilan de la banque, encore détenue à 25% par l’Etat britannique, est exposé à environ 40% à ce secteur. «La question la plus pertinente est de savoir comment le régulateur se positionnera par rapport au paiement d’un dividende pour 2014», ajoutent-ils.
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