Charles-Henry Gaultier – Lazard
Charles-Henry Gaultier | Lazard
Après quasiment vingt années en banque d’investissement, dont six dans les équipes equity capital markets (ECM) de Deutsche Bank à Londres et à Paris, à enchaîner les introductions en bourse (IPO), les augmentations de capital ou les émissions d’obligations convertibles, Charles-Henry Gaultier avait besoin de retrouver la proximité avec les dirigeants d’entreprises et leurs actionnaires, qui semblait lui échapper ces dernières années.
Depuis la crise, des interrogations sont apparues sur le marché autour du rôle des banques qui coordonnent l’opération : celles-ci agissent-elles dans l’intérêt de l’entreprise ou dans celui des investisseurs avec lesquels elles génèrent une grande partie de leurs revenus ? La frustration créée l’an dernier par l’expérience du groupe industriel Delachaux, dont les actionnaires ont renoncé à l’introduction en bourse au tout dernier moment après plusieurs mois de travail, a fini de convaincre Charles-Henry Gaultier qu’il fallait changer de position pour se rapprocher du centre de décision.
Depuis son arrivée en juin dernier chez Lazard, en tant qu’associé-gérant, pour prendre la tête des activités ECM de la banque à Paris – que le bureau dirigé par Matthieu Pigasse avait encore peu développées en France, à la différence de Rothschild –, Charles-Henry Gaultier s’est replacé au cœur du sujet avec les clients et a renoué avec une organisation plus souple. « J’ai débuté en 1997 chez Deutsche Bank, au moment où François Chenard et Marc Pandraud [duo de banquiers d’affaires réputés de l’époque, NDLR] avaient été recrutés pour créer les activités de banque d’affaires en France de l’établissement allemand. Il y avait un état d’esprit extrêmement entrepreneurial », se souvient-il.
L’accompagnement à cette époque de l’Agence des participations de l’Etat pour la mise en bourse d’une deuxième tranche du capital de France Télécom reste pour lui une première expérience fondatrice : « A la suite du départ de François Chenard et de Marc Pandraud pour Merrill Lynch, je me suis retrouvé en première ligne sur une opération compliquée et originale, qui prévoyait un placement de l’Etat et une émission d’obligations convertibles par l’opérateur de télécoms. C’est elle qui m’a inoculé le virus de l’ECM », sourit le nouvel associé-gérant de Lazard, dont la formation et les premières expériences professionnelles au ministère de la Communication ou à l’antenne togolaise de l’Agence française de développement le prédestinaient plus à une carrière dans la fonction publique. Un premier entretien d’embauche, sous les conseils d’un ami auditeur, conduira cet amateur de rugby vers les marchés financiers.
Passé par Deutsche Bank, mais aussi Credit Suisse, UBS, BofA Merrill Lynch, Charles-Henry Gaultier veut évidemment faire profiter les clients de Lazard de ses connaissances techniques en matière de financement equity, tout en leur adjoignant, avec l’appui des autres banquiers de la boutique, une palette de conseils, allant du dialogue actionnarial à la communication financière, en passant par la défense en cas d’attaque. Une position stratégique, plus proche des leviers de commande de l’entreprise et des dirigeants. « Depuis la crise des crédits ’subprime’, les entreprises et leurs actionnaires ressentent davantage le besoin de s’appuyer sur des banquiers indépendants lors d’une IPO », reconnaît Charles-Henry Gaultier. Incontournable au Royaume-Uni, le rôle du conseil en IPO est devenu de plus en plus fréquent en France.
Plus d'articles du même thème
-
Les élections de mi-mandat freinent l’exubérance politique de Donald Trump
En raflant le Congrès, l’opposition démocrate devrait limiter fortement les pouvoirs du locataire de la Maison-Blanche, contraindre l’exécutif à composer avec un Parlement désormais hostile, et peut-être obliger certains républicains à reconverger vers le centre. -
La montée en compétences face à l’IA est insuffisante en entreprise
70% des cadres financiers français français craignent que l’absence de préparation de leurs collaborateurs à l’intelligence artificielle risque de compromettre la pertinence de leur organisation d’ici cinq ans, selon une enquête OneStream. -
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
7 raisons pour (re)découvrir les Andes Colombiennes via Medellin et la Région du café
Dix ans après les accords de paix, la Colombie revit de plus belle ! Un pays d’une diversité de paysages incroyable à découvrir à partir de Medellin, puis via la route du café à travers la cordillère centrale. Émerveillement, douceur de vivre, nostalgie et dépaysement garantis. -
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent