BPCE serait en pole position pour reprendre Novo Banco
Créée en août 2014 pour sauver ce qu’il restait de la banque Espirito Santo au Portugal, tombée à cause d’irrégularités comptables, Banco Novo n’a plus rien de neuf. Le fonds Lone Star, qui en détient 75% du capital, le reste étant propriété de l’Etat portugais, souhaite maintenant en sortir. Ces dernières semaines, des sources de presse évoquaient l’espagnole CaixaBank et BCPE comme potentiels candidats à la reprise. Maintenant, l’agence Bloomberg déclare que le groupe mutualiste français serait seul en lice. Après la publication des résultats 2024 de la banque portugaise, JB Capital avait évalué sa valeur dans une fourchette comprise entre 5,5 et 7 milliards d’euros. Contactée par L’Agefi, BPCE a indiqué «ne pas commenter les rumeurs de marché».
Lorsqu’il a repris la banque portugaise en 2017, le fonds Lone Star avait été obligé de la recapitaliser pour plus d’un milliard d’euros, l’Etat portugais ayant, à cette date, déjà contribué à hauteur de 4,9 milliards d’euros à son renflouement. La banque a ensuite commencé à présenter des résultats positifs et à sortir la tête de l’eau à partir de 2021. Non sans avoir avant largement puisé, pour près de 3,4 milliards d’euros, dans le fonds de résolution portugais.
Rien n’est encore décidé pour Novo Banco. Et si le fonds Lone Star veut effectivement s’en séparer, il pourrait décider d’opter pour une cotation. Cette solution serait d’ailleurs toujours à l’étude, selon des sources de presse.
Prémisses d’opérations transfrontalières
Ce rachat, s’il avait lieu, constituerait un premier jalon vers une consolidation bancaire en Europe. Sans Union des marchés de capitaux, les opérations de ce type restent difficiles, surtout lorsqu’elles font intervenir directement les Etats, comme c’est le cas ici. L’exemple du refus affiché de Berlin à la reprise de Commerzbank par UniCredit constitue d’ailleurs une illustration parfaite des difficultés que peuvent rencontrer les acheteurs potentiels. Mais dans le cas de Novo Banco, BPCE dispose d’un avantage par rapport à son concurrent au rachat.
Au mois de mai dernier, le ministre portugais des finances par intérim, Joaquim Miranda Sarmento, a indiqué sur la chaîne de télévision portugaise RTP que les banques espagnoles «représentent déjà environ un tiers du marché bancaire portugais et, pour des raisons de concentration et de dépendance, ce chiffre ne doit pas augmenter». Or, CaixaBank est déjà présente au Portugal depuis 2012 après l’acquisition de Banco BPI, rappelle Octo Finance. «En prenant le contrôle de Novo Banco, CaixaBank pourrait doubler sa part de marché à 20-30% selon les segments», précise le broker.
De son côté, le groupe BPCE est surtout présent au Portugal à travers Banco Primus, dans le crédit renouvelable, Natixis Porto, ou encore avec sa filiale portugaise de Oney. En 2024, le document de référence de BPCE fait état d’un produit net bancaire au Portugal de seulement 74 millions d’euros. Le groupe est donc loin d’entrer dans le cadre de concentration redouté par le gouvernement local.
Et il est certain qu’aucune opération de cession de Novo Banco ne se fera sans l’assentiment de l’Etat Portugais. Les 25% qu’il détient dans la banque pèsent, politiquement, beaucoup plus.
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