Boursorama profite du repli des banques sur le crédit immobilier

La banque en ligne déploie ses liquidités excédentaires dans les prêts à l’habitat alors que ses activités d'épargne et de courtage souffrent
Alexandre Garabedian

A l’échelle du marché du crédit immobilier, Boursorama est encore un nain. La filiale de la Société Générale profite malgré tout du repli des établissements de crédit traditionnels. Alors que la production de prêts à l’habitat s’est repliée de 42% sur un an à fin juin selon l’Observatoire du Crédit Logement / CSA, celle de Boursorama a enregistré une croissance de 55% sur la période, à 105 millions d’euros au deuxième trimestre. L’encours se monte à 1,6 milliard, en hausse de 6%.

Cette stratégie est à double tranchant. Boursorama concède que la hausse des volumes est due à «une politique tarifaire compétitive», un euphémisme pour des taux agressifs. Mais la banque en ligne a quasiment deux fois plus de dépôts que de crédits clientèle à son bilan, et enregistre des progressions de 20% de l’encours sur comptes courants (719 millions d’euros) et comptes sur livrets (1,9 milliard). Replacer cette liquidité excédentaire sur les marchés n’a aujourd’hui guère d’intérêt vu les rendements nuls servis par les obligations d’Etat du cœur de la zone euro. Témoin de ces pressions sur les marges, le produit net bancaire (PNB) du seul métier de banque (hors courtage et publicité sur le site, donc) a reculé de 24,4 à 22,6 millions d’euros entre le premier et le deuxième trimestre 2012. «L’environnement de taux bas va continuer à toucher les marges», souligne Bruno Pétrarque, analyste chez Kepler.

Boursorama doit donc accélérer sa mutation vers la banque en ligne, visible aussi dans les 14.500 ouvertures de comptes courants au deuxième trimestre. D’autant que l’assurance vie s’essouffle (42 millions de collecte nette sur les six premiers mois de l’année) et que le courtage ne s’est pas relevé du choc de l’été 2011. Avec 1,2 million d’ordres exécutés sur le trimestre et un PNB de 11,6 millions d’euros, le courtage a connu son pire trimestre depuis au moins 2007. Il n’a représenté que 31% des revenus du groupe, un triste record.

La mise en place demain de la taxe sur les transactions financières en France, de 0,2% sur les 109 plus grosses valeurs de la cote, devrait encore peser sur le courtage. Elle pourrait en revanche favoriser des produits dérivés tels que les CFD. Comme L’Agefi l’indiquait la semaine dernière, Boursorama a annoncé hier le lancement d’une plate-forme aux marchés forex, CFD (hors actions françaises) et futures.

Un évènement L’AGEFI

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