BNP Paribas serait intéressée par la banque allemande IKB
Et si BNP Paribas ne se contentait pas de son concept «One bank for corporates in Europe» pour conquérir l’Allemagne? Selon l’agence Bloomberg, qui cite trois sources, l’établissement de la rue d’Antin discuterait avec Lone Star en vue d’acquérir IKB. Le groupe SEB Bank serait également sur les rangs. Aucun des protagonistes n’a souhaité commenter l’information, mais la banque d’affaires Perella Weinberg Partners a bien été mandatée par le fonds d’investissement texan. Le processus de vente n’est pas une surprise, dans la mesure où Lone Star avait annoncé, en octobre dernier, «chercher un partenaire stratégique pour IKB».
L’intérêt de BNP Paribas ne serait pas illogique. La banque allemande est en effet un spécialiste du Mittelstand outre-Rhin, tissu dense d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de PME exportatrices. C’est précisément l’une des priorités de l’établissement dirigé par Baudouin Prot. En février dernier, il avait dévoilé «One bank for corporates in Europe», une plate-forme de produits de flux destiné, entre autres, à ce type de sociétés. Le marché allemand figurait en tête de liste.
Il reste à savoir dans quelles conditions BNP Paribas, réputée très regardante et qui a déjà dû digérer successivement l’italien BNL et le belge Fortis ces dernières années, sera prête à sauter le pas. IKB avait été frappée de plein fouet par la crise des subprimes américains en 2007, sauvée par les pouvoirs publics à grand frais, puis bradée en août 2008 pour moins de 150 millions d’euros (137 millions selon Bloomberg) à Lone Star.
IKB est bénéficiaire au troisième trimestre (clos le 31 décembre). Mais en dépit du fait que la banque ait largement réduit ses pertes, elle a encore accusé un déficit de 132 millions d’euros pour les neufs premiers mois de son exercice. Sa restructuration lui a permis de réduire la taille de son bilan (34 milliards à fin 2010) et d’afficher un ratio de solvabilité Tier one supérieur à 10%.
Dans le contexte réglementaire actuel où les fonds propres sont précieux, «une acquisition en cash est difficile à annoncer. BNP Paribas pourrait aller au bout s’il négociait un bon prix pour une partie des actifs», indique un banquier suivant le secteur et dubitatif quant à une réelle volonté du Français. Selon une source citée par Bloomberg, Lone Star pourrait envisager une vente en plusieurs blocs.
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