BNP Paribas reste mobilisée par la réglementation américaine
En publiant des comptes en hausse sensible au troisième trimestre, BNP Paribas a montré qu’elle a relevé la tête après avoir payé en juin une amende de 8,97 milliards de dollars pour avoir réalisé des transactions en dollars avec des pays sous embargo américain. La banque a réalisé un résultat net de 1,5 milliard d’euros au troisième trimestre, soit une progression de 10,6% en un an. Hors exceptionnels, le bénéfice croît de 12,5% à 1,73 milliard.
«L’ensemble des métiers progresse. Cela confirme l’intérêt de notre organisation diversifiée géographiquement comme en typologie de métiers», indique Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas.
Si l’amende appartient au passé, le groupe a entamé la mise en place du plan de «remédiation», conformément à l’accord passé avec les autorités américaines – et pour lequel 200 millions ont été provisionnés au deuxième trimestre. Il a ainsi créé le département «Sécurité financière groupe aux Etats-Unis», voué à réunir environ 50 collaborateurs. La banque met aussi en place des outils de contrôle et de filtrage des transactions internationales. Un plateau installé à New York aura la charge de la sécurité pour les flux en dollars du groupe. «Le processus n’a pas d’incidence sur le développement de nos activités commerciales ni sur l’organisation de nos activités aux Etats-Unis», assure Jean-Laurent Bonnafé.
La réglementation américaine mobilise BNP Paribas sur d’autres domaines. En effet, les sociétés locales relevant d’une même banque étrangère doivent être chapeautées par une holding intermédiaire. «La création d’une holding concerne l’ensemble des filiales que nous possédons aux Etats-Unis, que ce soit en banque de détail, en gestion d’actifs ou dans le courtage – même si la succursale BNP Paribas aux Etats-Unis en sera exemptée. Ces changements seront mis en œuvre pour 2016», précise le dirigeant.
S’ajoute l’exercice des CCAR (Comprehensive Capital Analysis and Review), le test de résistance américain. Il nécessite la construction d’outils pour faire remonter les informations au régulateur. Ces stress tests génèrent un coût important de mise en œuvre. Ils n’ont pas de conséquences directes sur la vie commerciale, mais ils limitent les initiatives nouvelles dans les différents projets aux Etats-Unis.
La préparation des CCAR est responsable d’une partie de la hausse des frais de gestion de 3,6% de BancWest, la filiale de banque de détail de BNP Paribas, cette année.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés