BBVA peine à justifier son intérêt pour la banque turque Garanti
Les rumeurs de plus en plus persistantes publiées dans les médias turcs et espagnols ont forcé hier BBVA, deuxième banque espagnole, à confirmer «l’existence de conversations sur la possible acquisition d’une participation dans la banque turque Turkiye Garanti Bankasi». Elle précise toutefois dans le même communiqué adressé aux autorités financières, qu’elle n’est pas certaine que ces discussions déboucheront sur un accord.
Garanti est la deuxième banque de Turquie en volume d’actifs, avec 78 milliards de dollars selon la compagnie. Elle compte sur 792 agences pour servir 9 millions de clients.
Le journal turc Milliyet annonçait dès mercredi que BBVA restait seule en lice pour l’acquisition des 20,8% détenus par General Electric. HSBC et Santander ont aussi regardé le dossier. La banque basque serait, elle, prête à débourser entre 4,5 et 5 milliards de dollars (de 3,2 à 3,6 milliards d’euros) à condition d’obtenir un pouvoir de contrôle, selon les médias turcs. La part de 21% est valorisée près de 4 milliards d’euros en Bourse, où le titre Garanti a pris 40% en 2010.
Déjà présente en Amérique latine, aux Etats-Unis et en Chine, BBVA cherche à renforcer encore sa diversification internationale. Son marché domestique, malmené par la crise, représentait près de la moitié de son bénéfice net au premier semestre 2010. La banque affichait alors un solide ratio de fonds propres durs, 8,1%, mais elle pourrait décider de lancer une augmentation de capital pour couvrir l’achat de Garanti, selon le quotidien espagnol Expansion.
Une perspective mal reçue hier à la Bourse de Madrid où le titre BBVA a perdu 1,9 % à 9,8 euros. D’autant que le plus gros actionnaire de Garanti, le turc Dogus Group, 30,5% du capital, contrôle de fait la banque et pourrait chercher à bloquer l’entrée de l’espagnol. «Il serait délicat pour la banque de justifier un appel de fonds pour financer l’achat d’une part minoritaire – même si nous pensons qu’elle tenterait plus tard d’en prendre le contrôle», explique Carlos Peixoto, analyste chez BPI.
La Turquie est convoitée par d’autres groupes étrangers. BNP Paribas s’y est ainsi renforcée cette année avec le rachat de la filiale turque d’assurances d’Ageas, issue du démantèlement de Fortis ainsi qu’avec la fusion entre la banque TEB, qu’elle détient à 42,1%, et Fortis Bank en Turquie (70,6%).
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon