Barclays réorganise sa banque d’investissement sans la bouleverser
Suite logique de l’arrivée d’Antony Jenkins au poste de directeur général en juillet, après que le scandale du Libor a poussé Bob Diamond à démissionner, Barclays réorganise sa banque de financement et d’investissement (BFI) BarCap. Un document interne, qui a fuité dans la presse britannique, détaille les intentions de Rich Ricci, le patron de BarCap, désormais seul aux commandes de la BFI après de départ de Jerry del Missier.
Le principe: mettre en place une hiérarchie géographique déconcentrée et rapprocher les activités actions et taux au sein d’un pôle «marchés» unique.
Selon Rich Ricci, la demande des clients et les évolutions réglementaires poussent BarCap à adopter une organisation à la fois plus autonome et plus centralisée dans chaque région du globe couverte par BarCap, ce qui nécessiterait une meilleure coordination.
Le pôle marchés sera dirigé par Eric Bommensath, l’ancien responsable mondial des activités taux, changes et matières premières (FICC). La chute brutale des revenus de trading dans les banques ces 18 derniers mois nécessite en effet des mesures d’économies souvent draconiennes dans la plupart des grandes banques d’investissement internationales.
Les nouveaux responsables régionaux sont également nommés. Notamment Skip McGee, qui sera en charge des Amériques. Selon des observateurs cités dans la presse britannique, la promotion de ce banquier – professionnel le plus capé de Lehman Brothers au moment où Barclays a acquis les activités américaines de l’établissement en faillite fin 2008 – serait un geste d’apaisement en direction des équipes outre-Atlantique. La zone Europe, Moyen-Orient, Afrique sera couverte par Patrick Clackson et l’Asie par Robert Morrice, lequel supervisait cette région. En outre, un comité exécutif de 14 membres a été créé.
«Si elle peut produire des synergies de coûts et de revenus, les retombées de cette nouvelle organisation resteront insuffisantes pour permettre à Barclays d’améliorer sensiblement sa rentabilité. En prenant en compte les exigences de solvabilité sur la base du périmètre actuel, le rendement futur des fonds propres [RoE] du groupe restera inférieur à son coût du capital: des choix stratégiques tranchés sont nécessaires», indique à L’Agefi David Grinsztajn, analyste chez Alphavalue. Antony Jenkins a en effet déjà renoncé à l’objectif de RoE de 13%, pour viser un rendement simplement supérieur au coût du capital de 11,5%.
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