Banques et assureurs toujours déstabilisés par le niveau des taux
Les taux d’intérêt actuels continueront à influencer le secteur des banques et des assurances françaises en 2016. Dans son évaluation des risques du système financier publiée en décembre 2015, la Banque de France désigne le bas niveau des taux comme un facteur d’instabilité persistant pour les banques et les assurances. Pour les premières, elle souligne trois risques principaux.
-Un risque de relâchement excessif des conditions d’octroi de crédit, tout d’abord. Les établissements bancaires pourraient, selon ce rapport, être tentés d’augmenter – quitte à assouplir exagérément leurs critères - le volume de crédits octroyés afin de compenser les baisses sur les marges nettes d’intérêts auxquels elles font face à la suite de la diminution des taux.
-La Banque de France anticipe également un risque de réallocation des actifs des banques vers des actifs à rendement plus élevés, et donc plus risqués. «Ces phénomènes de « search for yield » doivent être surveillés de près dans la mesure où ce sont des comportements qui peuvent générer plus de volatilité », est-il stipulé dans le rapport.
-L’environnement de taux bas pourrait en outre différer le désendettement des entreprises et des ménages, ayant pour conséquences de « les rendre plus vulnérables à des chocs futurs de taux d’intérêt ou de revenu, ce qui aurait un impact négatif sur les banques », selon la Banque de France.
Les banques s’adaptent à cet environnement de taux bas en renforçant leurs activités à forte valeur ajoutée, telles que la banque de financement et d’investissement. Elles réduisent en outre le coût des effectifs en diminuant la présence physique de leurs agents au profit de relations via internet. Les banques résistent qui plus est à la concurrence des «FinTechs» en investissant dans des technologies digitales, indique la Banque de France.
Concernant les assureurs-vie français, ils pourraient également être pénalisés par le bas niveau des taux. Ils possèdent des engagements à long terme. L’ACPR a demandé aux organismes d’assurance français d’examiner l’impact à moyen terme du niveau actuel des taux sur leur solvabilité. « Selon des résultats encore préliminaires, un scénario de taux très bas sur une période longue se révélerait le scénario le plus pénalisant », indique la Banque de France.
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