Bank of America se déleste de la moitié de sa participation dans CCB
Deuxième actionnaire de China Construction Bank (CCB) derrière le gouvernement chinois, Bank of America a officialisé hier la cession de la moitié de sa participation dans la banque pékinoise. Les 13,1 milliards d’actions en jeu représentent un peu plus de 5% du capital pour une valeur de 8,3 milliards de dollars et une plus-value nette de 3,3 milliards. C’est un groupe d’investisseurs privés, dont l’identité n’a pas été révélée, qui emporte le morceau. Selon plusieurs sources, le fonds du Qatar aurait été approché. Temasek, le fonds souverain de Singapour, qui a acquis fin 2010 auprès de Bank of America une option sur des titres CCB, pourrait également être de la partie.
Dans un communiqué, le PDG de Bank of America, Brian Moynihan, estime que «notre partenariat avec CCB a été mutuellement profitable». Conformément aux attentes (L’Agefi Quotidien du 23 août), l'établissement basé à Charlotte (Caroline du Nord) n’a pas l’intention de couper ses liens avec CCB. Les deux établissements indiquent ainsi discuter d’un éventuel prolongement et élargissement de leur partenariat actuel, notamment dans les activités de détail et de financement des entreprises.
Mais sous la pression des investisseurs, qui doutent de la capacité de la banque américaine à affronter les futures exigences réglementaires en matière de solvabilité et s’inquiètent d’une multiplication des contentieux, Brian Moynihan se voit contraint d’accélérer le rythme des cessions d’actifs. Après son activité canadienne de cartes de crédit, First Republic Bank ou encore des participations dans BlackRock, cette dernière opération doit permettre de poursuivre l’amélioration de son profil de solvabilité.
Selon le directeur financier, Bruce Thompson, cette cession de titres devrait générer environ 3,5 milliards de dollars de fonds propres tier one supplémentaires et réduire les actifs à risques pondérés (risk weighted assets, RWA) de 7,3 milliards de dollars sous Bâle 1. «Sur le mois d’août uniquement, au travers de cessions d’actifs non stratégiques et d’autres mesures, nous tablons sur 5,8 milliards de dollars de capitaux tier one additionnels et une diminution des RWA d’environ 16,1 milliards de dollars», souligne Bruce Thompson. Les investisseurs ont salué la nouvelle; l’action a clôturé en hausse de 8,12%, à 8,39 dollars. Depuis le début de l’année, son recul atteint néanmoins près de 40%.
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