Axa se donne les moyens de contrôler les filiales asiatiques d’APH
La troisième tentative sera peut-être la bonne pour Axa. La nouvelle offrede l’assureur et dela compagnie australienne AMP (lire notre édition d’hier) pourrait enfin permettre au Français de contrôler l’intégralité des filiales asiatiques d’APH. Le schéma reste le même: un rachat conjoint des minoritaires d’APH, AMP conservant la partie australienne et néo-zélandaise tandis qu’Axa reprendrait le reste de l’activité. Mais pour clore ce dossier ouvert depuis un an, l’assureur a dû relever son prix.
L’autorité de la concurrence australienne ayant déjà validé l’offre d’AMP, seuls les administrateurs indépendants restent à convaincre. Ils s’étaient prononcés en faveur de l’offre concurrente de NAB, qui leur offrait 6,43 dollars australiens par action Axa APH. Heureuse coïncidence, c’est aujourd’hui le nouveau prix proposé par le tandem Axa/AMP. Et cette nuit, cinq de ces six administrateurs se sont prononcés en faveur de la nouvelle offre, le dernier demandant davantage de précisions aux prétendants. L’unanimité est indispensable à la validation de l’offre.
La proportion de cash dans l’offre atteint environ 40%, tandis que pour la part payée en actions AMP (0,73 par action APH), les minoritaires seront protégés contre toute baisse du prix moyen pondéré du titre sous les 4,50 dollars (contre une base de départ de 5,32).
Axa s’attend donc à débourser en net entre 2,3 et 3,2 milliards de dollars australiens.Avec un titre AMP à 5,32 dollars, le paiement en cash atteindra 2,7 milliards de dollars, soit 1,8 milliard d’euros net des couvertures de change.
«Au plan financier, on ne peut parler d’un investissement bon marché pour Axa compte tenu des multiples payés», estimait hier Raymond James, en calculant que «les activités asiatiques d’APH sont valorisées 42 fois le résultat opérationnel 2009 et 36 fois celui du premier semestre 2010 annualisé». Mais Axa pourrait alors profiter à 100% de la croissance de la zone Asie Pacifique.
«A 2,4 fois l’embedded value, les activités asiatiques se paient au prix fort, mais la transaction procure un bénéfice disproportionné à Axa qui aura enfin le contrôle stratégique de ce business en Asie et pourra s’en servir de plate-forme pour des acquisitions dans la région», corrobore Ralph Hebgen, chez KBW. Le titre Axa s’est d’ailleurs redressé hier de 2,27% à 13,54 euros, à la veille de la journée investisseurs du groupe.
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