Axa privilégie les pays émergents et les marchés les plus rentables
Malmené en Bourse depuis le début de l’année, Axa se devait de donner des indications sur sa stratégie. A défaut d’avoir rassuré les investisseurs (le titre a clos en baisse de 4,95% hier), l’assureur français a dévoilé une partie de son plan Ambition pour 2015, destiné à remplacer un Ambition 2012 sacrifié sur l’autel de la crise financière, et qui sera présenté in extenso au premier semestre de l’année prochaine.
Parmi les nombreux sujets abordés (objectifs chiffrés en IARD et assurance vie, points sur la dépendance et Solvabilité 2, etc.), Henri de Castries, le PDG du groupe, et Denis Duverne, son DG délégué, ont longuement évoqué une meilleure gestion du capital comme une arme essentielle pour réaliser plusieurs des ambitions d’Axa.
Alors que l’assureur souffre sur ses marchés principaux dans un contexte réglementaire qui deviendra plus exigeant, il lui est indispensable de réallouer ses ressources vers les marchés et les activités les plus prometteurs. «Le sujet n’est pas la croissance du chiffre d’affaires mais de trouver la meilleure utilisation du capital et de le déployer là où il y a à la fois de la croissance et des marges», ajoute Henri de Castries. Les pays émergents (qui ne pèsent qu’environ 5% du résultat opérationnel du groupe), la prévoyance et la santé sont les futures priorités.
Axa entend dégager un milliard d’euros par an pour renforcer sa solvabilité, piloter l’allocation de capital dans le groupe et financer la croissance externe, tout en maintenant un taux de distribution de dividendes entre 40% et 50% du bénéfice.
Pour résoudre la quadrature du cercle, le groupe veut réaliser 1,5 milliard d’euros de gains de productivité avant impôts en assurance dommages et vie d’ici à 2015, à travers le développement de plates-formes communes par métier. En outre, il n’hésitera pas à arrêter les activités peu rentables et à être plus sélectif dans la conquête de nouveaux contrats. Selon le PDG d’Axa, le recul du chiffre d’affaires du groupe aux Etats-Unis et en France n’est pas inquiétant: cela montre que le groupe «ne souhaite plus prendre des produits au niveau de marge insuffisant».
«Il n’y a pas de vache sacrée», confirme Henri de Castries, en citant l’exemple du Royaume-Uni (cession de ses activités traditionnelles) et tout récemment de l’Australie, abandonnée au profit de l’Asie à travers l’accord avec AMP sur APH.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse