Axa et BPCE réagissent en ordre dispersé aux déboires de leurs partenaires italiens
L’horloge tourne pour les deux banques italiennes recalées aux stress tests européens. A l’instar des autres établissements retoqués, Monte dei Paschi di Siena (MPS) et Banca Carige doivent remettre d’ici à lundi prochain leurs plans de recapitalisation. MPS, qui est épaulé par UBS et Citigroup, réunit son conseil d’administration aujourd’hui pour approuver le sien. Selon toute vraisemblance, le déficit en fonds propres de 2,1 milliards d’euros devrait être comblé par une nouvelle augmentation de capital - la quatrième depuis 2008 - et par des cessions d’actifs.
Selon des sources citées par Reuters, l’augmentation de capital couvrirait au moins la moitié de ses besoins en fonds propres. Si cet appel au marché est entériné, son actionnaire français Axa, qui détient environ 3,7% du capital, suivra à hauteur de sa participation afin de ne pas être dilué. L’assureur confirmera donc un soutien déjà témoigné lors des précédentes opérations. La dernière augmentation de capital, d’un montant de 5 milliards d’euros, remonte à juin.
En revanche, MPS a exclu tout nouveau soutien public, en particulier via la conversion anticipée de 3,9 milliards d’euros d’instruments hybrides souscrits par l’Etat italien (obligations Monti). Signe de l’agitation ambiante, l’action MPS a rebondi hier de 5,7% sur fond de rumeur. La Consob a ouvert une enquête après la publication d’un communiqué de NIT Holdings, une société d’investissement de Hong-Kong, annonçant une injection potentielle de 10 milliards d’euros dans MPS.
Chez Banca Carige, le déficit identifié il y a dix jours s'élève à 813 millions d’euros. La caisse d'épargne génoise, dont BPCE détient 9,9% du capital, a déjà annoncé des cessions d’actifs dans l’assurance, pour 310 millions, en attendant d’autres transactions dans la banque privée et le crédit à la consommation. Elle devrait également effectuer une augmentation de capital d’au moins 500 millions d’euros après celle de 800 millions réalisée en juillet.
BPCE avait alors souscrit à hauteur de ses droits. Pour cette fois, le groupe réserve sa décision. «Nous attendons davantage de précisions de la part du conseil de Carige», explique François Pérol, le président du directoire de BPCE. En attendant, le groupe a passé ses comptes à la paille de fer. Il a déprécié sa participation à hauteur de 58 millions d’euros au troisième trimestre. La valeur résiduelle de son investissement est estimée à «une centaine» de millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
L’assureur japonais Meiji Yasuda va acquérir environ 5% de Man Group
L'investisseur institutionnel japonais va investir 200 milliards de yens dans les stratégies du gestionnaire britannique alternatif Man Group sur trois ans. -
Dans l’immobilier, le syndrome «not in my back yard» peut générer de la valeur
Les oppositions locales, illustrées par le syndrome du «pas chez moi», freinent l'offre immobilière mais favorisent la hausse des loyers des biens déjà existants. -
PARTENARIATPrivate equity européen : une opportunité à considérer de près
Le lower mid-market européen attire par sa complexité et ses valorisations. Le co-investissement en facilite l’accès.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« Plus jamais nous n’aurons de tyran » : comment les étudiants ont renversé le régime autoritaire en Serbie
Dimanche, un mouvement étudiant a remporté inédite les élections législatives en Serbie, parvenant ainsi à chasser le dirigeant nationaliste Aleksandar Vucic -
RévolutionJean-Pierre Grimaud : « La capitalisation ne sauvera pas la répartition, elle viendra la compléter »
Précis, le directeur général d’Ofi Invest croit désormais possible en France une « retraite collective obligatoire par capitalisation » -
IdentitésPrésidentielle : l'anomie et ses boucs émissaires
Dans Le Suicide (1897), Durkheim décrit une société où les désirs, faute de limites, deviennent insatiables, et où chacun souffre de ce qu'il appelle le « mal de l'infini »