Aegon se met en ordre de marche pour rembourser l’aide publique d’ici à juin
Aegon entend voler de ses propres ailes. Une liberté aujourd’hui contrainte par l’aide publique reçue au plus fort de la crise financière. L’assureur néerlandais a déjà remboursé la moitié des fonds perçus et souhaite solder sa dette de 2,25 milliards d’euros vis-à-vis de l’Etat d’ici à la fin juin.
Pour ce faire, Aegon a annoncé hier, à l’occasion de la publication de résultats annuels conformes aux attentes (avec une hausse de 2% du résultat courant imposable au quatrième trimestre à 489 millions d’euros), une augmentation de capital de 10%. Le placement accéléré, réalisé hier par Morgan Stanley avec le soutien de Deutsche Bank et JPMorgan, et avec une décote de 4,5%, a permis de lever 903 millions d’euros.
Le groupe entend financer le solde des 2,25 milliards sur ses ressources internes, y compris grâce à des cessions d’actifs. Il a d’ailleurs indiqué hier être entré en pourparlers avec un tiers concernant le devenir de l’activité d’assurance vie de Transamerica, l’assureur détenu aux Etats-Unis. Le groupe néerlandais a fait part l’été dernier d’une revue stratégique à ce sujet, le français Scor ou l’américain RGA étant donnés à l’automne comme des prétendants sérieux. Nombre d’analystes estiment qu’Aegon pourrait récolter à cette occasion un produit inférieur à la valeur intrinsèque («embedded value») de 1,6 milliard de cette activité à fin 2009.
Déjà la Banque centrale des Pays-Bas a autorisé un rachat de 750 millions d’euros de la dette d’Aegon à l’issue de l’émission de titres annoncée hier. Evoquant la fin prochaine des restrictions dans la gestion du groupe imposées par la Commission européenne, le directeur général Alex Wynaendts a affirmé que «la crise est derrière nous».
Pour en convaincre les observateurs, le dirigeant a fait état d’objectifs chiffrés à moyen terme dans le cadre du plan visant à faire du groupe un acteur de tout premier plan au sein de chacun de ses marchés stratégiques d’ici à 2015. Aegon vise notamment une croissance annuelle moyenne de 7 à 10% du résultat imposable courant et un rendement des capitaux propres de 10 à 12% à moyen terme. L’assureur va renforcer l’allocation de capital à destination de marchés prometteurs comme l’Europe centrale et de l’Est, l’Asie et l’Amérique latine. Gage de sa confiance, Aegon souhaite reprendre le versement d’un dividende l’an prochain, au titre des résultats du second semestre 2011.
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