L’achat de Vedici par CVC confirme l’intérêt des fonds pour les cliniques

le 16/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Signe de l'appétit pour le risque de crédit, l’opération est financée par un prêt «cov-lite» de 200 millions d’euros

Une nouvelle opération de LBO se profile sur le marché français. Il concerne encore le secteur des cliniques privées. Les fonds 3i et Nixen Partners devraient annoncer dans les jours qui viennent la cession de Vedici à CVC Capital Partners, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources liées au dossier, pour un montant proche de 375 à 400 millions d’euros. Le réseau de cliniques serait ainsi valorisé entre 8 et 8,5 fois l’Ebitda, un ratio déjà rencontré dans ce secteur.

3i et Nixen Partners (alors NI Partners) avaient acquis leurs participations de 55% et 10% en 2010 auprès d’Apax Partners. Les dirigeants contrôlent le solde. La future répartition du capital n’est pas connue. CVC et Vedici n’ont pas répondu aux sollicitations de L’Agefi.

Le nom de CVC circulait déjà depuis la fin du mois de mai. Toujours selon nos sources, le fonds d’origine britannique a opté pour un financement «cov-lite», c’est-à-dire avec une documentation allégée dans ses clauses financières (covenants). Ce type de structure, aujourd’hui fréquente aux Etats-Unis, a fait son retour en France en 2013, Ceva Santé Animale signant même en mars un cov-lite 100% en euros, une première.

Le Crédit Agricole, Natixis et BNP Paribas devraient structurer une tranche de dette de 200 millions d’euros, remboursable in fine. «La santé s’applique assez bien aux structures ‘cov-lite’. Les cliniques présentent moins de volatilité en termes de rentabilité et de revenus. C’est en outre un secteur réglementé, qui peut apporter une certaine sécurité aux investisseurs», indique un participant à la transaction.

La dette d’acquisition représenterait environ 4,5 fois l’Ebitda de Vedici. «CVC a la capacité et l’habitude de réaliser des LBO beaucoup plus importants que celui-ci. Son objectif est de faire croître la société par acquisitions: un levier modeste et un contrat de crédit souple lui donneront des marges de manœuvre», remarque un protagoniste. A la tranche «cov-lite» de 200 millions devrait s’ajouter une facilité de caisse (non encore tirée) d’environ 125 millions d’euros, dont une partie sera renouvelable et une partie destinée à financer les investissements.

Le secteur des cliniques est en effervescence. Des rapprochements entre réseaux se sont enchaînés ces dernières années, tandis que les acteurs du capital-investissement ont multiplié les prises de participations. En mai dernier, LBO France a vendu Medi-Partenaires à Medipole Sud Santé, contrôlé par Bridgepoint.

A lire aussi