L’achat de Vedici par CVC confirme l’intérêt des fonds pour les cliniques
Une nouvelle opération de LBO se profile sur le marché français. Il concerne encore le secteur des cliniques privées. Les fonds 3i et Nixen Partners devraient annoncer dans les jours qui viennent la cession de Vedici à CVC Capital Partners, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources liées au dossier, pour un montant proche de 375 à 400 millions d’euros. Le réseau de cliniques serait ainsi valorisé entre 8 et 8,5 fois l’Ebitda, un ratio déjà rencontré dans ce secteur.
3i et Nixen Partners (alors NI Partners) avaient acquis leurs participations de 55% et 10% en 2010 auprès d’Apax Partners. Les dirigeants contrôlent le solde. La future répartition du capital n’est pas connue. CVC et Vedici n’ont pas répondu aux sollicitations de L’Agefi.
Le nom de CVC circulait déjà depuis la fin du mois de mai. Toujours selon nos sources, le fonds d’origine britannique a opté pour un financement «cov-lite», c’est-à-dire avec une documentation allégée dans ses clauses financières (covenants). Ce type de structure, aujourd’hui fréquente aux Etats-Unis, a fait son retour en France en 2013, Ceva Santé Animale signant même en mars un cov-lite 100% en euros, une première.
Le Crédit Agricole, Natixis et BNP Paribas devraient structurer une tranche de dette de 200 millions d’euros, remboursable in fine. «La santé s’applique assez bien aux structures ‘cov-lite’. Les cliniques présentent moins de volatilité en termes de rentabilité et de revenus. C’est en outre un secteur réglementé, qui peut apporter une certaine sécurité aux investisseurs», indique un participant à la transaction.
La dette d’acquisition représenterait environ 4,5 fois l’Ebitda de Vedici. «CVC a la capacité et l’habitude de réaliser des LBO beaucoup plus importants que celui-ci. Son objectif est de faire croître la société par acquisitions: un levier modeste et un contrat de crédit souple lui donneront des marges de manœuvre», remarque un protagoniste. A la tranche «cov-lite» de 200 millions devrait s’ajouter une facilité de caisse (non encore tirée) d’environ 125 millions d’euros, dont une partie sera renouvelable et une partie destinée à financer les investissements.
Le secteur des cliniques est en effervescence. Des rapprochements entre réseaux se sont enchaînés ces dernières années, tandis que les acteurs du capital-investissement ont multiplié les prises de participations. En mai dernier, LBO France a vendu Medi-Partenaires à Medipole Sud Santé, contrôlé par Bridgepoint.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt