Tobam fait son entrée sur le marché des ETF actifs avec une stratégie dédiée à la blockchain
Le véhicule ETF séduit un nouvel acteur de la gestion active française. Après Oddo BHF AM, Crédit Mutuel AM ou encore Ofi Invest, c’est au tour de Tobam de faire ses premiers pas sur le marché des ETF actifs. La société de gestion fondée par Yves Choueifaty vient de lancer son Tobam Global Blockchain Equity Ucits ETF (ISIN : LU3142893745). Plus précisément, elle a décidé de créer une share class cotée au sein de sa Sicav luxembourgeoise pour donner plus largement accès à cette stratégie déployée dans des mandats depuis près de cinq ans. « Nous sommes depuis longtemps convaincus de l’intérêt des cryptoactifs en général et du bitcoin en particulier comme actifs de diversification, souligne à L’Agefi Axel Cabrol, directeur adjoint de la gestion chez Tobam. Notre volonté a toujours été de faciliter l’accès à cette exposition au plus grand nombre d’investisseurs possibles. Grâce à sa transparence et sa facilité d’utilisation, l’ETF est un des véhicules les plus faciles à intégrer dans un portefeuille. »
Tobam a toutefois dû innover pour adapter sa stratégie de conviction – le portefeuille ne compte qu’une trentaine d’actions mondiales, dont des petites capitalisations – au format ETF, afin de ne pas dévoiler sa recette. Le gérant s’appuie ainsi sur le régime de semi-transparence introduit par le régulateur luxembourgeois fin 2024. « Le format d’ETF actif offre la flexibilité de ne communiquer publiquement l’information sur la composition du portefeuille qu’une fois par mois », explique Axel Cabrol. Comme un fonds ouvert traditionnel donc. C’est le premier du genre dans le Grand-Duché car le seul autre ETF semi-transparent du marché, celui de Fidelity, est domicilié en Irlande.
Natixis CIB, primary market maker et participant autorisé de l’ETF, dispose bien, quant à lui, de ces données au jour le jour pour gérer son risque. Outre Natixis CIB, le gérant s’appuie aussi, pour le middle-office, les fonctions de dépositaire et d’administration de fonds, sur Caceis. « La gestion au quotidien de l’ETF n’entraîne pas une surcharge de travail de notre côté », précise Axel Cabrol.
Historique flatteur
Reste pour ce nouvel ETF à trouver son marché. En tant que share class d’un fonds existant, il peut d’ores et déjà se prévaloir d’un historique de performance, qui se trouve être plutôt flatteur : 57 % de progression annualisée depuis septembre 2023. Mais il n’est pas simple à positionner, à côté des fonds thématiques sur la blockchain comme ceux d’Invesco/Coinshares, VanEck ou iShares. « Même si les valeurs en portefeuille se recoupent, l’objectif de notre stratégie est différent de celui des fonds thématiques, met en avant Axel Cabrol. Nous cherchons une exposition non pas au devenir de la technologie blockchain mais à la performance future du bitcoin. C’est ce qui nous permet de réaliser ces performances. » Des arguments que Tobam compte bien faire prévaloir auprès d’une clientèle tant institutionnelle que retail.
Plus d'articles du même thème
-
L’américain SEI lance ses premiers ETF en Europe
Sept stratégies quantitatives sur les actions mondiales, gérées activement, sont cotées sur Deutsche Börse. Elles sont conçues par une équipe spécialisée de SEI qui gère déjà plus de 35 milliards de dollars en actions. -
Amundi renforce son offre d’ETF thématiques
La société de gestion propose trois nouvelles solutions pour capter les thèmes de l’intelligence artificielle et des technologies du futur. -
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
En cas de lancement, chaque part ETF serait cotée en Bourse tout en investissant dans le même portefeuille sous-jacent que les parts du fonds.
A la Une
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionEric Hazan : « La classe moyenne décroche lentement, sans bruit, sans drame visible »
D’Aristote à Tocqueville, les penseurs de la démocratie l'ont dit : une démocratie ne survit que grâce à des classes moyennes prospères. Alors qu'en France, elles décrochent et basculent vers les extrêmes, Eric Hazan, expert des mutations économiques et sociales, publie un essai intitulé « Veut-on sacrifier les classes moyennes ? » (éd. de l’Observatoire). -
BlackoutUkraine : Donald Trump a-t-il commencé à fermer le robinet des renseignements ?
Le président américain assure que le partage de renseignements avec Kiev se poursuit. Mais après un accord sur le diesel conclu avec Moscou, une alerte tardive et des limites imposées à Starlink, l’Ukraine redoute que Washington ne passe à l’acte -
Après l'appel à « zapper Bolloré », le monde du cinéma vole au secours de Canal +
Jacques Audiard, Justine Triet, Emmanuel Marre… Ce sont plus de 170 réalisateurs, dont certains de renom, qui ont signé une tribune en faveur d’un maintien d’une fiscalité favorable au groupe détenu par Vincent Bolloré