Sprott lance le premier ETF mondial dédié aux terres rares hors de Chine
Sprott a annoncé le 15 avril le lancement du Sprott Rare Earths Ex-China ETF (ticker sur le Nasdaq : REXC), présenté comme le seul fonds coté au monde offrant une exposition pure aux producteurs de terres rares établis en dehors de la Chine.
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Un indice sur mesure
Le fonds réplique la performance du Nasdaq Sprott Rare Earths Ex-China Index (NSREXC), construit pour suivre les sociétés mondiales actives sur l’ensemble de la chaîne de valeur des terres rares, extraction, séparation, raffinage, production, à l’exclusion explicite de toute entité domiciliée en Chine ou y exerçant l’essentiel de ses activités.
« Les terres rares se situent au carrefour de la sécurité nationale, de la sécurité énergétique et du leadership technologique », a déclaré Steve Schoffstall, associé gérant et responsable des ETF chez Sprott, chez mining.com
Les terres rares sont essentielles aux systèmes de défense mondiaux, à l'énergie et à l'électrification, à l’IA et aux centres de données, aux semi-conducteurs, à la robotique, aux véhicules électriques et aux technologies de pointe.
La règle d’investissement impose qu’au moins 80 % des actifs soient placés dans les composantes de cet indice. Les frais de gestion s'établissent à 0,65 %. REXC intègre la gamme Sprott Critical Materials, aux côtés d’ETF dédiés à l’uranium, au cuivre, au lithium et au nickel.
L’arme géopolitique chinoise
La genèse du produit doit beaucoup à un épisode singulier de la guerre commerciale sino-américaine. Pékin a brièvement suspendu ses exportations de terres rares vers les États-Unis en réponse aux droits de douane américains, révélant de façon brutale l’ampleur de la dépendance occidentale.
La Chine contrôle environ 90 % des capacités mondiales de raffinage des terres rares, avec un quasi-monopole sur les éléments lourds tels que le dysprosium et le terbium. Sur le segment de l’extraction, sa part est estimée à 60 % des volumes mondiaux.
Cette hégémonie, construite sur plusieurs décennies grâce à des coûts de production subventionnés, une maîtrise technologique des procédés hydro-métallurgiques et une intégration verticale poussée des filières, est désormais instrumentalisée comme levier de pression diplomatique.
La réponse américaine a été rapide et multiforme. Le Pentagone a engagé des centaines de millions de dollars au titre du Defense Production Act pour subventionner le développement de capacités de séparation domestiques.
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MP Materials a conclu un partenariat public-privé avec le département américain de la Guerre pour accélérer l’indépendance de la chaîne d’approvisionnement, et a signé un accord de long terme avec Apple pour livrer des aimants fabriqués à partir de matériaux recyclés sur son site de Mountain Pass, en Californie.
En parallèle, Lynas Rare Earths exploite une installation de séparation en Malaisie et construit une unité similaire au Texas, tandis qu’en Europe, Carester a levé 236 millions de dollars pour une usine de traitement en France et Solvay a inauguré une installation de séparation réunissant terres rares légères et lourdes.
Un portefeuille concentré
Avec 34 lignes en portefeuille, le REXC affiche une géographie dominée par l’Australie, qui représente environ la moitié des encours, suivie des États-Unis à 36 % et du Canada à 8 %. Cette répartition reflète la cartographie de la production de terres rares hors de Chine, où le continent australien joue un rôle majeur.
La concentration en tête du fonds mérite toutefois attention. Lynas Rare Earths, société australienne et premier producteur mondial de terres rares en dehors de Chine, pèse près de 21 % de l’ETF. MP Materials, opérateur du seul site d’extraction de terres rares aux États-Unis à Mountain Pass, en représente environ 20% À elles deux, ces deux entités concentrent plus de 40 % du fonds.
Un pari sur la souveraineté industrielle
Au-delà de la mécanique du produit, le REXC traduit une thèse d’investissement structurelle : la recomposition des chaînes d’approvisionnement en matériaux critiques est engagée de façon irréversible, financée par la dépense publique des États-Unis, de l’Australie, du Canada et des grandes puissances européennes, et portée par une demande en terres rares qui croît avec chaque moteur électrique supplémentaire et chaque système d’armes modernisé produit en Occident.
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