REX Shares mise sur les fabricants d’outils des puces IA
- L'émetteur REX Shares lance aux États-Unis un ETF ciblant les fabricants d’outils de production de puces d’IA.
- Coté au Nasdaq, ce fonds thématique affiche des frais de gestion de 0,65 % et réplique un indice VettaFi.
- Selon l’association SEMI, les ventes mondiales d'équipements atteindront le record de 165,9 milliards de dollars en 2026.
L’intelligence artificielle n’en finit pas d’inspirer les fournisseurs d’ETF. REX Shares a lancé le REX AI Chipmaking ETF aux Etats-Unis. Ce fonds thématique investit dans les entreprises qui fabriquent les outils nécessaires à la production de puces d’intelligence artificielle, et non dans les concepteurs de puces ou les fonderies qui s’approvisionnent auprès d’elles.
Il est coté au Nasdaq et affiche des frais de gestion de 0,65 %.
Un pari sur les « pelles et pioches » de l’IA
La plupart des portefeuilles détiennent déjà les géants de l’IA, de Nvidia aux hyperscalers. Le véhicule cible les technologies dont ces entreprises ne peuvent se passer, sans avoir à désigner la puce gagnante.
Qu’il s’agisse d’un GPU Nvidia, d’une puce concurrente ou d’un processeur conçu en interne par un hyperscaler, toutes sont fabriquées avec les mêmes outils de production. TSMC, Samsung, SK Hynix, Intel et Micron en sont tous clients.
Chaque nouveau nœud de gravure et chaque nouvelle génération de mémoire ajoutent des étapes de fabrication au lieu d’en supprimer, ce qui augmente mécaniquement le nombre d'équipements nécessaires par puce. Ensuite, les positions des fournisseurs sont très difficiles à contester.
Chaque étape du processus a son spécialiste, face à une poignée de concurrents au mieux, et un outil qualifié sur une ligne de production y reste en général pour longtemps. Pour la lithographie EUV, indispensable aux puces les plus avancées, il n’existe aucune alternative au néerlandais ASML.
La vague d’investissements atteint les équipementiers
Selon REX, les dépenses d’investissement se répercutent chez les fabricants d’outils avec un décalage de 12 à 18 mois : annonce, planification des capacités, commande, puis installation.
Les concepteurs de puces et les fonderies ont mené la première vague, et les équipementiers entreraient seulement dans leur phase d’accélération.
Les chiffres de l’association professionnelle SEMI vont dans ce sens. Les facturations mondiales d'équipements ont atteint 135 milliards de dollars en 2025, en hausse de 15 %.
Dans ses prévisions de mi-année publiées en juillet, SEMI anticipe des ventes record de 165,9 milliards de dollars en 2026, soit une progression de 23,2 %, puis 229,5 milliards en 2028, ce qui marquerait cinq années de croissance consécutives.
Le cœur du marché, les équipements de fabrication de plaquettes (WFE), a atteint le record de 116,9 milliards de dollars l’an dernier et devrait progresser de 23,1 %, à 143,9 milliards, en 2026. SEMI y voit une nette révision à la hausse, portée par la mémoire avancée, en particulier la mémoire HBM, et la logique de pointe.
En aval, la demande reste soutenue. Amazon, Alphabet, Meta et Microsoft tablent ensemble sur 720 à 745 milliards de dollars d’investissements en 2026, selon leurs publications du deuxième trimestre.
REX identifie trois moteurs qui agissent simultanément : la demande en infrastructures d’IA, la construction d’usines financée par les gouvernements, et la complexité croissante des processus de fabrication.
Le secteur des semi-conducteurs dans son ensemble a changé de dimension. Selon la Semiconductor Industry Association, les ventes mondiales ont atteint 791,7 milliards de dollars en 2025, en hausse de 25,6 %, et devraient approcher 1 000 milliards en 2026.
Une construction indicielle en trois blocs
L’ETF réplique l’indice VettaFi AI Chipmaking. Celui-ci pondère à 50 % les équipements de fabrication de plaquettes, c’est-à-dire les machines et sous-systèmes qui produisent les puces de silicium.
Il consacre 25 % au conditionnement avancé, qui assemble les composants des infrastructures d’IA, et 25 % à la métrologie, soit le test et la mesure destinés à optimiser les rendements.
Pour être éligibles, les sociétés doivent tirer plus de la moitié de leurs revenus de l’un de ces trois segments.
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