Les flux vers les ETF exposés à l’Europe s’envolent
Perspectives d’un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie, bons résultats des entreprises d’une cote européenne sous-valorisée, inquiétudes sur le front de l’inflation aux Etats-Unis… de multiples raisons conduisent, depuis quelques semaines, les investisseurs à remettre en question l’ultra-domination des actions américaines dans leurs allocations. Ces derniers jours, ils sont passés aux actes. Selon Trackinsight, les flux vers les ETF de droit européen ont été massifs, puisqu’ils ont frôlé 11,4 milliards d’euros en une seule semaine. Les précédents records hebdomadaires – enregistrés depuis l’élection de Donald Trump – n’avaient jamais dépassé 8,5 milliards d’euros.
L’écrasante majorité (8,7 milliards) de ces flux historiques se sont dirigés vers les ETF actions. Les expositions diversifiées des indices mondiaux – à l’image du MSCI World – ont reçu 1,7 milliard d’euros, auxquels s’ajoutent un peu moins de 380 millions pour les indices comprenant aussi les actions émergentes. Mais ce sont avant tout les marchés européens qui ont tiré profit de ce changement d’état d’esprit. Les ETF d’actions de la zone euro ont capté, à eux seuls, 1,8 milliard, auxquels s’ajoutent 1,6 milliard pour ceux ciblant les marchés européens au sens large. Ainsi, le véhicule UBS (Lux) Fund Solutions – MSCI EMU UCITS ETF A-acc – EUR (ISIN : LU0950668870) a engrangé 648 millions d’euros de collecte, tandis que le iShares Core MSCI Europe UCITS ETF (Acc) – EUR (ISIN : IE00B4K48X80) profitait de 509 millions d’euros d’entrées. La cote allemande a été tout particulièrement ciblée, avec 900 millions d’euros de souscriptions, dont 614 millions pour le Xtrackers DAX UCITS ETF 1C – EUR (ISIN : LU0274211480). Le petit marché des ETF d’actions français reste, quant à lui, étal, les seules sorties notables concernant le segment des actions britanniques (-123 millions).
La collecte des ETF actions américaines résiste
Cet afflux vers les ETF d’actions européennes ne s’est toutefois pas fait au détriment de leurs équivalents exposés à la cote américaine. Certes, leur collecte hebdomadaire a sensiblement ralenti, mais elle reste largement positive à 921 millions d’euros, contre 537 millions de sorties la semaine précédente. Le véhicule équipondéré de BlackRock, l’iShares S&P 500 Equal Weight UCITS ETF (Acc) – USD (ISIN : IE000MLMNYS0), a par exemple enregistré 436 millions de souscriptions, contre 392 millions pour l’Invesco S&P 500 UCITS ETF Acc – USD (ISIN : IE00B3YCGJ38), pondéré par la capitalisation et de réplication synthétique.
Le segment obligataire n’est, lui non plus, pas en reste : il attire 2,8 milliards d’euros sur la semaine, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis l’été dernier. Ce sont les obligations d’entreprises les mieux notées qui en profitent (1,4 milliard), devant la dette souveraine (1 milliard). Là aussi, les investisseurs ont apprécié les indices géographiquement diversifiés, avec 762 millions pour les obligations des pays développés, suivies des obligations européennes (314 millions pour l’Europe au sens large et 240 millions pour la zone euro). Les sous-jacents américains restent solides, avec 422 millions de flux entrants.
La seule classe d’actifs à avoir réellement fait les frais de ce repositionnement est l’or : les ETP adossés à la performance du métal précieux ont vu sortir 425 millions d’euros, rompant donc avec la tendance de début d’année, marquée par un retour de la collecte.
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