Les ETF actions propulsent le marché européen au-delà de 2.400 milliards d’euros
Converti en dollars, l’encours de l’ensemble des ETF européens a franchi fin septembre 2025 la barre symbolique des 3.000 milliards, dont plus de 1.000 milliards pour le seul iShares. Le marché collecte près de 90 milliards d’euros au troisième trimestre.
Le « liberation day » du 2 avril aura eu finalement un impact limité sur le marché européen des ETF. Après « seulement » 64 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025, la collecte nette du marché des ETF (hors ETP non Ucits) a très fortement rebondi pour atteindre 89,2 milliards sur le troisième trimestre, selon les données de Trackinsight. La collecte depuis le début d’année est sur le point de dépasser celle de l’ensemble de l’année 2024.
Également portés par un effet marché positif, les encours ont nettement progressé, passant de 2.190 milliards d’euros à 2.410 milliards en trois mois. En comptabilisant l’ensemble des produits cotés, y compris les ETP de matières premières et de crypto-actifs, les actifs sous gestion culminent même à 2560 milliards d’euros. En dollars, la barre des 3.000 milliards est ainsi franchie ce trimestre, un an après celle des 2.000 milliards.
Le retour en force des ETF actions
Le rebond du troisième trimestre est avant tout le fait des ETF actions : ces derniers captent 70 milliards d’euros, contre 45 milliards au trimestre précédent. Si les ETF les plus diversifiés géographiquement (pays développés et monde) continuent de se renforcer (25 milliards contre 19), ce sont surtout les ETF d’actions américaines qui recommencent à séduire : alors qu’elles ne dépassaient pas 200 millions d’euros au deuxième trimestre, les souscriptions ont frôlé 20 milliards sur la période. Elles restent toutefois en retrait de la moisson record de la fin d’année 2024 (55 milliards). Les ETF d’actions européennes continuent, quant à eux, de voir leur collecte se normaliser, avec 11 milliards de flux entrants, après 13 et 20 milliards respectivement au deuxième et premier trimestre. Les actions émergentes profitent de la baisse du dollar et attirent près de 7 milliards d’euros.
Sur fond d’atermoiement autour de la baisse des taux américains, les ETF obligataires se contentent ce trimestre de 16 milliards d’euros de souscriptions, après 18 milliards sur la période précédente. Surtout, la décomposition de cette collecte a significativement changé : alors que les ETF souverains avaient attiré près de 11 milliards d’euros au deuxième trimestre, ce sont les ETF d’obligations d’entreprises qui captent les flux récents (9 milliards). Un goût plus prononcé pour le risque, qui se lit aussi dans les souscriptions des ETF de dette notée high yield, qui triplent quasiment (2,8 milliards contre 1 milliard).
Une entrée remarquée de Nordea AM
Ce fort dynamisme du marché européen des ETF profite, sans surprise, à BlackRock (iShares) qui engrange 32 milliards d’euros de collecte nette et dépasse désormais les 1.000 milliards d’euros d’encours en Europe. Après un passage à vide au deuxième trimestre, DWS (XTrackers) se ressaisit et capte 9,7 milliards, talonné par Amundi (9,2 milliards). Vanguard, en revanche, voit ses flux chuter de 3 milliards, à 5 milliards d’euros : il se retrouve dans le peloton des aspirants au top 3 des meilleurs collecteurs, au coude-à-coude avec UBS, State Street IM (SPDR) et Invesco. BNP Paribas AM attire de son côté 1,7 milliard, auxquels on peut ajouter les 170 millions de sa nouvelle entité Axa IM. Ossiam replonge dans la décollecte (-150 millions).
Ce trimestre est également marqué par un bond notable de la collecte des ETF gérés activement. Ces derniers captent près de 11 % des flux, pour 3 % des encours. Nordea AM fait ainsi une entrée remarquée sur le marché, avec 2,3 milliards d’euros de collecte, devançant le leader de ce segment, JP Morgan AM qui doit se contenter de 1,8 milliard. Quant à Eurizon et Robeco, eux aussi de nouveaux entrants, ils font jeu égal avec le deuxième acteur du marché, Fidelity, avec respectivement 610 et 460 millions d’euros pour les deux premiers, contre 530 millions pour ce dernier.
Après l’essor de l’IA générative, le géant américain de la gestion d’actifs lance RBTX. Un ETF actif conçu pour investir dans les entreprises qui font entrer l’intelligence artificielle dans le monde physique.
Le gestionnaire américain envisagerait selon Funds Europe de lancer des fonds consacrés notamment à l'intelligence artificielle, à la transition énergétique, à un thème « monde bipolaire », ainsi qu'un fonds « top picks ».
21 octobre 2026 à 7:52 AM
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