Le marché mondial des ETF pourrait dépasser 19.000 milliards de dollars en 2028, selon PwC
Toujours incontournables. Dix ans après sa première étude sur les fonds indiciels cotés (ETF), le cabinet PwC continue de considérer ces véhicules comme un axe stratégique majeur pour les asset managers du monde entier. «La croissance continue [de ce marché] et les opportunités plus grandes encore qui restent à venir se reflètent dans les résultats de notre enquête, puisque les participants anticipent que l’encours des ETF mondiaux atteindra au minimum 19.200 milliards de dollars d’ici juin 2028 (contre 11.500 milliards fin 2023, ndlr)», écrivent les consultants dans leur rapport «ETFs 2028: Shaping the Future» qui vient d’être publié.
Cela représenterait une croissance annuelle moyenne de 13,5% sur les cinq prochaines années, alors qu’elle a été de 18,9% sur les cinq dernières, laissant penser aux auteurs que l’estimation reste «conservatrice». C’est en tout cas une dynamique sans commune mesure avec celle du marché de l’asset management en général, dont la croissance annuelle est attendue par PwC à 5% en moyenne d’ici fin 2027. Le marché européen, qui frôle aujourd’hui 1.800 milliards de dollars, pourrait toucher les 3.000 milliards, comme l’anticipent 60% des répondants.
De plus en plus de producteurs d’ETF
Selon les calculs de PwC, 60% des 100 plus grands gestionnaires d’actifs à travers le monde proposent déjà des ETF. Un chiffre qui pourrait progresser en particulier à la faveur de la diffusion des ETF de gestion active. 76% des participants s’attendent à une demande «significative» pour ces véhicules dans les deux ou trois prochaines années aux Etats-Unis. Un chiffre qui grimpe même à 82% au Canada, où les ETF actifs représentent déjà plus d’un quart de l’encours total. L’Europe reste la zone sur laquelle les acteurs sont encore relativement sceptiques, avec 49% des répondants qui anticipent une croissance forte, mais aussi 9% qui ne prévoient qu’une demande faible ou nulle.
En revanche, l’Europe, à la différence de l’Amérique du Nord, continue d’être perçue comme un marché porteur pour les ETF contenant des critères durables (ESG), avec les deux tiers des participants qui s’attendent à des «opportunités de croissance significatives» en la matière, une proportion en hausse par rapport à 2022. «Près de 70% des répondants européens s’attendent à ce que plus de la moitié de leurs lancements au cours des 12 prochains mois soient axés sur l’ESG, contre seulement 15% pour leurs homologues américains», ajoute PwC.
ETF actifs américains vs ETF ESG européens : une dichotomie – déjà soulignée par d’autres études dont celle de Trackinsight – qui n’est pourtant pas insurmontable, comme BNP Paribas AM vient de l’illustrer en décidant de lancer des ETF dont l’approche ESG est gérée activement.
Plus d'articles du même thème
-
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
Les deux fournisseurs américains s’apprêtent chacun à lancer un ETF axé sur l’économie spatiale. -
iShares bâtit un ETF sur la construction d’infrastructures en Europe
Ce nouveau véhicule, lancé en partenariat avec Stoxx, complète une gamme de 30 fonds thématiques, représentant 20 milliards de dollars sous gestion. -
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
Le spécialiste de la gestion obligataire dévoile un nouvel ETF, en s’appuyant sur un fonds conçu en 1986.
A la Une
Contenu de nos partenaires
-
La City contre-attaqueA Londres, les dessous de l'offensive culturelle et touristique de la City
Le Leadenhall Market, magnifique marché en verre et fer forgé, est un lieu prisé des cols blancs de la City. Mais depuis quelques années, la clientèle a changé. « Les habitués viennent le matin, l’après-midi et le week-end, ce sont plutôt les touristes, précise Julien Dentroux, qui tient avec sa femme la boutique Les Merveilleux de Fred, ouverte depuis 2020. Cette évolution a en fait été impulsée par la Corporation de la City. -
Amer constatBudget : au Sénat, la majorité de droite et du centre pousse Lecornu vers les ordonnances
Alors que Matignon entretient encore le flou, la majorité au palais du Luxembourg, qui ne veut pas revivre le scénario de 2025, tente de peser en amont pour imposer sa méthode -
Choix publicsFinances publiques et élection présidentielle : le mauvais espoir de la Troïka BCE-UE-FMI
Ici ou là, poind le souhait d’une intervention des trois institutions internationales, afin que s’impose par la contrainte ce que la France ne saurait accomplir par choix. L’hypothèse est, en réalité, périlleuse. Il est rare que du pire jaillisse le meilleur.