Le marché européen des ETF collecte 64 milliards d’euros au deuxième trimestre
Le deuxième trimestre 2025 avait bien mal commencé pour les marchés financiers, avec, dès le 2 avril, les annonces de Donald Trump sur la mise en place de droits de douane massifs. Et même si les Bourses ont largement rebondi depuis en termes de performance, le « liberation day » a laissé des traces sur la collecte. C’est en tout cas ce que montre le marché européen des ETF. Selon les chiffres compilés par Trackinsight, les flux ont certes atteint un très honorable niveau de 64,2 milliards d’euros sur la période (pour 2.189 milliards d’encours). Mais ce sont plus de 22 milliards d’euros de moins qu’au premier trimestre.
Le recul est plus net encore sur le segment des ETF actions : les souscriptions y ont dégringolé de 26 milliards d’euros, passant de 71,6 à 45,4 milliards. La plupart des grandes zones géographiques en ont pâti. Les actions européennes (au sens large), plébiscitées au moment de l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration, voient leur collecte reculer de 12 milliards d’euros, à 15,3 milliards. Dans ces temps de forte incertitude, marqués par les multiples revirements de Donald Trump résumés dans le peu flatteur acronyme TACO (« Trump always chickens out », soit « Trump se dégonfle toujours »), ce sont les actions internationales qui tirent leur épingle du jeu (18,9 milliards), bien qu’en retrait de 4,2 milliards elles aussi. La cote américaine apparaît comme la grande perdante de ce mouvement : les ETF d’actions américaines ne parviennent à attirer, en net, que 92 millions d’euros… A peine l’épaisseur du trait pour un segment de marché pesant près de 600 milliards d’encours. Sur la période, seuls les actions émergentes bénéficient d’une hausse de la collecte (3,8 milliards), soutenues par la baisse du dollar.
Rebond des ETF obligataires
Les investisseurs ont partiellement reporté leur appétit sur les ETF obligataires : ces derniers attirent 18,2 milliards d’euros, contre 14,5 au premier trimestre. Si les sous-jacents les plus sûrs (investment grade) continuent de dominer la collecte (14 milliards), la période est marquée par un net rebond des expositions high yield (1 milliard), d’autant plus notable que ces véhicules avaient été sous forte tension dans les jours qui avaient suivi le « liberation day ». Les investisseurs restent toutefois prudents puisque ce sont les émetteurs souverains qui ont été privilégiés (10,7 milliards) contre 5,2 pour les entreprises. En termes géographiques, les flux sont restés relativement diversifiés.
Le contexte politique outre-Atlantique joue aussi probablement un rôle dans les évolutions de deux segments de marché européens. Ainsi, les produits répliquant la performance des crypto-actifs voient leur collecte quadrupler, à 774 millions d’euros. Le désamour se confirme en revanche pour les ETF estampillés ESG : ils n’ont réussi à collecter que 4,8 milliards, contre 7,7 milliards au premier trimestre, et ne pèsent plus que 7,5 % des flux, contre 20 % fin 2024… et 70 % il y a trois ans. 7,5 %, c’est également le poids dans la collecte qu’ont réussi à atteindre les ETF actifs, malgré un léger repli des souscriptions en valeur absolue pour atteindre 4,8 milliards.
DWS à la peine, WisdomTree se défend
Si les hiérarchies changent entre les classes d’actifs, il en va de même au niveau des gérants. Du moins si l’on exclut le leader incontesté BlackRock, qui attire 23,3 milliards d’euros (contre 31 milliards au premier trimestre). Ainsi, la très disputée seconde place du meilleur collecteur européen revient ce trimestre à Vanguard (8,3 milliards), qui détrône Amundi (8,1 milliards). Habitué aux premières lignes du tableau, DWS connaît en revanche un trou d’air : il doit se contenter de 2 milliards de collecte, contre 9 milliards au premier trimestre, notamment pénalisé par le moindre appétit pour ses ETF d’actions américaines équipondérés. A l’inverse, WisdomTree a presque doublé sa collecte trimestrielle grâce à son ETF sur la thématique de la défense européenne (WisdomTree Europe Defence UCITS ETF, ISIN : IE0002Y8CX98) qui capte près de 2 milliards d’euros en trois mois. Les autres acteurs français du marché signent, quant à eux, un trimestre satisfaisant, avec 1,3 milliard pour BNPP AM – 1,5 milliard si l’on compte les quelque 200 millions d’Axa IM tout juste racheté par le groupe BNPP – et 620 millions pour Ossiam – qui confirme ainsi son rebond.
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