Joffrey Ouafqa, directeur des gestions chez Auris Gestion
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L’Agefi : Pourquoi misez-vous sur un rebond des marchés actions ?
Joffrey Ouafqa : La correction récente des marchés a été provoquée par la rapide remontée des taux réels à 10 ans, revenus aux Etats-Unis à 2,4%, au plus haut depuis 2008. Or il nous semble que l’appréciation des taux - et donc la compression des valorisations des marchés actions - est proche de son terme. En effet, la croissance américaine devrait ralentir à partir du quatrième trimestre à la faveur d’une baisse de la consommation (disparition de l’excès d’épargne, reprise du paiement des intérêts de la dette étudiante) alors que la désinflation se poursuivra malgré la hausse du cours du baril. Enfin, Joe Biden, fustigé pour ses dépenses budgétaires, devra faire un pas vers plus d’orthodoxie.
En Europe, la désinflation et la faiblesse de la croissance limitent la remontée des taux. La compression des valorisations arrive donc à son terme et la saison des publications de résultats qui s’ouvre devrait redonner de l’air aux cours des actions.
Les sociétés américaines n’affichent-elles pas des multiples de valorisation trop élevés ?
C’est incontestable à première vue. A respectivement 26,9 fois et 17,3 fois les bénéfices 2024, le Nasdaq et le S&P 500 ont des valorisations largement supérieures aux marchés européens (11,8 fois) ou émergents (11 fois). Mais le S&P 500 équipondéré, qui efface la distorsion provoquée par le poids des Gafam, a une valorisation beaucoup plus raisonnable à 14,2 fois contre une moyenne depuis 2010 à 15,4 fois.
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