« Les clients ne veulent entendre parler que des actions américaines », se lamentait un gérant d’actifs français quelques jours après l’élection de Donald Trump. Un constat crument illustré par les chiffres de collecte du marché européen des ETF actions. En novembre (selon les données de Trackinsight arrêtées au vendredi 29 novembre), ce dernier a enregistré 28 milliards d’euros de souscriptions… dont près de 22 milliards pour les véhicules exposés aux actions américaines. C’est plus d’un quart de la collecte annuelle de la classe d’actifs. Viennent s’ajouter 9,5 milliards d’euros pour les actions mondiales. Les valeurs européennes, elles, restent largement délaissées, avec des rachats pour près de 1,4 milliard. Avec toutefois une légère nuance : alors que les ETF exposés à l’Europe au sens large voient partir 1,7 milliard d’euros, ceux ciblant spécifiquement la zone euro parviennent à capter environ 300 millions de souscriptions.
Cette polarisation sur les actions américaines laisse aussi sur le bord du chemin les ETF obligataires qui finissent le mois à l’étal en termes de collecte (360 millions d’euros). Les véhicules exposés à la dette de la zone euro attirent bien 850 millions d’euros, contre 650 millions pour la dette américaine. Mais ces souscriptions sont totalement effacées par la décollecte de 1,7 milliard sur la dette émergente. Malgré le contexte très tendu autour du vote du budget français, les investisseurs semblent pour l’instant faire le dos rond : sur le marché de niche des ETF sur la dette française – une dizaine de produits pour 1,3 milliard d’euros d’encours –, les flux sortants n’ont pas dépassé 7 millions d’euros sur le mois, contre une collecte de 900 millions depuis le début de l’année.
Le fonds table sur un environnement où les banques centrales continuent d'acheter de l'or à un rythme soutenu, tandis que le marché de l'argent s'enfonce dans son sixième déficit annuel consécutif.
Le fonds coté cible les fournisseurs stratégiques du Pentagone alors que Washington engage un plan de réarmement massif et de relocalisation industrielle inédit depuis 1945.
24 juillet 2026 à 7:00 AM
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Vincent Barret
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