Defiance lance un ETF dédié aux actionneurs d’humanoïdes

Defiance cible le maillon le plus cher et stratégique de la robotique, alors que Pékin domine outrageusement ce marché en plein essor.
Robot humanoïde dévoilé par Figure
Robot humanoïde dévoilé par Figure  -  Crédit Figure
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  • Defiance ETFs lance un nouveau fonds indiciel coté destiné aux actionneurs de la robotique humanoïde.
  • Ces composants clés représentent de 40 % à 60 % du coût matériel d’un robot selon le cabinet McKinsey.
  • La Chine domine ce marché en pleine croissance et a capté plus de 97 % des livraisons mondiales début 2026.

Defiance ETFs a annoncé le lancement du Defiance Robotics Actuators ETF (coté aux Etats-Unis sur le marché Cboe), un fonds exclusivement dédié aux actionneurs de la robotique humanoïde. Le ratio de frais s'établit à 0,69%.

Il cherche à répliquer l’Indice d’Actionneur Humanoïde MarketVector, un panier mondial de sociétés générant au moins 50% de leurs revenus dans la conception, le développement, la fabrication ou la fourniture de systèmes d’actionneurs et de composants de mouvement de précision.

L’actionneur, poste de coût numéro un et goulot d'étranglement

Mécaniquement, un robot humanoïde est un ensemble d’actionneurs. Chaque articulation nécessite un moteur, une boîte de vitesses, un encodeur et un contrôleur fonctionnant comme une seule unité, et un humanoïde intégral en transporte des dizaines.

Selon une étude de McKinsey publiée en avril, les actionneurs représentent 40% à 60% de la nomenclature matérielle d’un humanoïde, ce qui en fait l’un des plus grands facteurs de coût et des différenciateurs clés de performance de la machine.

Le volume industriel commence à arriver

Tesla a acté l’arrêt définitif des Model S et Model X à son usine de Fremont début mai, après respectivement 14 et 11 ans de production, pour reconvertir la ligne à l’assemblage d’Optimus.

Lors de sa publication de résultats du premier trimestre, Elon Musk a confirmé un démarrage de la production fin juillet-août 2026, le robot comptant environ 10.000 pièces uniques sur une ligne entièrement nouvelle. Une seconde usine dédiée doit démarrer à Giga Texas à l'été 2027.

Ensuite, Schaeffler, le groupe allemand spécialiste des roulements et technologies de mouvement, a signé un partenariat technologique avec la société britannique Humanoid en janvier, puis en mai portant sur le déploiement de plusieurs milliers de robots dans ses usines allemandes d’ici 2032.

Enfin, d’après une étude du cabinet californien Smart Analytics Global (SAG), les fabricants chinois auraient capté plus de 97% des livraisons mondiales de robots humanoïdes au premier semestre 2026.

Sur les 19.100 unités expédiées dans le monde entre janvier et juin, la quasi-totalité serait donc sortie d’usines chinoises, un volume près de trois fois supérieur aux 5.100 unités livrées sur la même période un an plus tôt. SAG attribue cette avance à la combinaison de composants moins coûteux, d’une chaîne d’approvisionnement domestique dense et d’un soutien étatique massif.

La domination de la Chine

AgiBot s’impose comme le nouveau leader du secteur, avec 8.400 robots livrés au premier semestre, soit 44% du marché mondial selon Bloomberg, devançant son compatriote Unitree, basé à Hangzhou, et ses 5.900 exemplaires.

À eux deux, les groupes concentrent près des trois quarts des livraisons planétaires, reléguant Tesla, Figure AI et Agility Robotics, qui n’ont chacun écoulé que quelques centaines de machines, loin derrière.

Morgan Stanley avait estimé pour 2025, qu’environ 90% des 13.000 à 16.000 robots humanoïdes livrés dans le monde provenaient alors de Chine. La banque américaine a depuis révisé deux fois à la hausse sa prévision pour le pays sur 2026, la portant de 28.000 à 50.000 unités. SAG se montre plus optimiste encore, tablant sur 60.000 expéditions mondiales cette année, puis 500.000 par an à l’horizon 2030.

Cette avance industrielle repose sur un ancrage géographique. En effet, plus de la moitié des cent premiers fournisseurs mondiaux de composants, réducteurs, servomoteurs, capteurs 3D, sont implantés en Chine, ce qui permet aux fabricants locaux de s’approvisionner à moindre coût et plus rapidement que leurs concurrents étrangers, tout en raccourcissant les cycles de conception.

Qui plus est, le pays a capté près de la moitié du capital-risque mondial dédié au secteur en début d’année, tandis qu’Unitree a lancé son introduction en Bourse à Shanghai. L'État chinois soutient par ailleurs la filière à tous les échelons, des subventions locales aux programmes nationaux de déploiement, dans une course aux volumes destinée à faire passer les coûts de production sous le seuil déclenchant l’adoption de masse.

Une course sino-américaine

Les États-Unis, de leur côté, dominent moins la production que le capital et les modèles d’intelligence artificielle qui pilotent ces machines, avec des acteurs comme Tesla, Figure AI, 1X ou Apptronik.

Washington a d’ailleurs changé de doctrine fin juillet. La Commission fédérale des communications (FCC) a inscrit les robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers, essentiellement chinois, sur sa liste des équipements interdits pour raisons de sécurité nationale, leur fermant l’accès au marché américain.

Face à ce duopole sino-américain, l’Europe n’est pas totalement à court de capitaux, contrairement à une idée reçue. L’allemand Neura Robotics en a fait la démonstration en juin, en bouclant un tour de table pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars, l’un des plus importants jamais levés par une entreprise de robotique intégrée.

Mais la composition de ce financement en dit long. L’'essentiel provient d’investisseurs non européens, à commencer par l'émetteur du stablecoin Tether, aux côtés de Nvidia et d’Amazon, la Banque européenne d’investissement ne jouant qu’un rôle d’accompagnement.

L’Europe participe à l’émergence de ce secteur, mais n’en maîtrise plus les leviers. Le signal le plus révélateur est venu du suisse ABB. L’entreprise dispose de tous les actifs industriels nécessaires pour se positionner sur le segment.

Néanmoins, le groupe a préféré céder sa division robotique au japonais SoftBank, pour une valeur d’entreprise de 5,375 milliards de dollars, plutôt que de financer lui-même sa mue vers l’humanoïde. Chaque cession de ce type prive un peu plus les investisseurs européens de ce qui leur fait le plus défaut : un champion coté sur leur propre marché.

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