BlackRock accélère son développement dans le smart beta
Andrew Ang était vendredi à Paris pour promouvoir les stratégies factorielles dont le géant de l’asset management fait désormais une de ses trois priorités.
Publié le
Fabrice Anselmi
Le gérant new-yorkais BlackRock veut encourager l'investissement de long terme. Photo Bloomberg.
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Dans la galaxie des offres de BlackRock (5.700 milliards de dollars sous gestion), le smart beta ETF et le factor investing peuvent parfois passer inaperçus. Pour autant, «nous avons développé ces investissements depuis longtemps, qu’il s’agisse des facteurs ‘hauts dividendes’ (1979), ‘value’ et size’ (1994), ‘momentum’ (1994) ou ‘qualité’ (1996)», rappelle Andrew Ang, responsable mondial smart beta et factor investing du groupe depuis 2015, et chercheur de référence depuis son article de 2009 sur les biais factoriels du fonds souverain norvégien.
Avec 165 milliards de dollars pour ses gestions indicielles en smart beta, dont 95 milliards en ETF sur un marché de 387 milliards, et 20 milliards pour le factor investing, ces stratégies ont crû de 30% par an depuis trois ans, devenant une thématique dynamique du groupe, et l’une des priorités désormais avec l’ISR et les actifs réels. Au premier semestre, iShares a enregistré 7 milliards de flux nets sur les ETF smart beta (pour 30,5 au niveau mondial). Le groupe est notamment leader mondial sur les ETF MinVol (34 milliards d’encours) et les ETF Income (42 milliards).
«Mais c’est bien en Europe que ces stratégies se développent le mieux parce que tant les investisseurs institutionnels que les banques privées y sont plus sophistiqués», précise Andrew Ang, avant de rappeler les avantages des ETF smart beta en termes de turn-over plutôt faible (moindres coûts de transaction), d’efficience fiscale et de simplicité d’utilisation. Les stratégies de factor investing, avec du levier, des positions long/short, une rotation des actifs et une part active bien supérieures, ont aussi les avantages des techniques quantitatives moins coûteuses en frais de gestion. «Dans les deux cas, on est dans une logique de transparence sur les portefeuilles accrue, conforme aux nouvelles réglementations comme MIF 2.»
Après une année 2016 où le facteur «value» avait battu les marchés, c’est le facteur «momentum» qu’il faudrait privilégier cette année, alors que les flux continuent à se porter beaucoup sur le premier (surtout en Europe). «Mais le plus important reste la diversification des facteurs sur long terme et donc, dans une logique multifacteur, une construction adéquate et dynamique de l’indice afin que les facteurs ne risquent pas de s’annuler pas entre eux», conclut Andrew Ang, qui a par ailleurs édité des recherches sur les «capacités d’absorption des investissements factoriels par les marchés».
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