Les banques s’attendent à une forte numérisation de l’intermédiation financière en Suisse, selon une enquête de la Banque nationale suisse (BNS) réalisée au dernier trimestre 2018 et publiée ce 27 août. Elles espèrent pouvoir réduire leurs coûts, mais craignent la concurrence accrue de nouveaux acteurs sur le marché. Pour près de la moitié des 34 banques sondées, «les clients n’entretiendront probablement plus une relation privilégiée et durable avec une seule banque, mais auront recours à plusieurs intermédiaires bancaires et non bancaires pour obtenir le meilleur service», d’après l’enquête sur la numérisation et la fintech dans les banques suisses 2019 de la BNS. Les grandes entreprises technologiques (big tech) telles que Google, Apple, Facebook ou Amazon, en raison de leur taille et de leur accès aux données de clients, pourraient devenir des concurrents importants dans certains segments, tout comme les banques numériques, en raison de leur avantage technologique. D’après l’enquête, les banques numériques seront de nouvelles concurrentes dans les trois années à venir, dans tous les domaines d’activité importants, notamment en gestion de fortune. Les structures de taille moyenne à grande, en particulier, s’intéressent à la gestion de fortune et au conseil en placement en ligne. Elles affirment déjà disposer de solutions correspondantes pour leurs clients. Il s’agit surtout d’offres de robot-conseil qui sont utilisées pour seconder les conseillers à la clientèle pendant les entretiens ou qui permettent à un client d’être conseillé sur Internet par un robot-conseiller et d’exécuter directement des opérations. Les banques de taille moyenne à grande qui ne proposent pas encore de solutions numériques prévoient d’en lancer dans les deux années à venir. Environ 40% des établissements estiment que les solutions numériques de gestion de fortune sont plus rentables qu’une solution classique.Outre la rentabilité, l’amélioration de l’expérience client et la mise à disposition d’une interface numérique supplémentaire avec la clientèle sont les principaux motifs du lancement des offres numériques de gestion de fortune. Le volume des actifs gérés par voie numérique demeure toutefois minime. La plupart des banques admettent qu’ils représentent moins de 5%, voire moins de 1% du total des actifs sous gestion.Les opportunités l’emportent sur les risques pour près des trois quartsdes sondés. Les premières sont principalement la réduction des coûts induite par l’automatisation, une meilleure fidélisation des clients et l’exploitation de nouvelles sources de revenus. De l’autre côté, les établissements craignent l'érosion des marges et la perte éventuelle des contacts directs avec la clientèle.Le document révèle que la création de nouvelles offres revêt toutefois une importance moindre par rapport à la numérisation des domaines d’activité existants.Environ 80% des banques de taille moyenne à grande souhaiteraient miser sur des innovations en propre, plutôt que de faire appel à des coopérations. La biométrie et l’identité numérique, la robotique et l’automatisation ainsi que les mégadonnées (big data) gagneront en importance ces trois prochaines années. En revanche, les banques accordent moins d’importance à la blockchain, à l’intelligence artificielle ou encore à l’informatique en nuage.