Dans sa traditionnelle lettre aux dirigeants d’entreprises ce 14 janvier, et qu’il envoie désormais chaque début d’année, Larry Fink, le dirigeant de BlackRock, estime être " à la veille d’une transformation fondamentale du secteur financier " face aux prises de conscience concernant le changement climatique. Constatant que " le changement climatique arrive presque invariablement en tête des problèmes évoqués par les clients de BlackRock à travers le monde», il estime que " ces questions entraînent une réévaluation en profondeur des risques et de la valeur des actifs». Selon le dirigeant de la plus grande société de gestion du monde (près de 7.000 milliards de dollars d’encours), «dans un avenir proche, plus proche que la plupart des gens ne l’anticipent, nous observerons une réallocation significative des capitaux». Dans une autre lettre adressée cette fois à ses clients, il détaille certaines initiatives qu’il veut en cohérence avec ces constats où il assure"que la durabilité doit devenir notre norme en matière d’investissement». Ainsi, le géant américain a l’intention de faire des fonds durables les éléments constitutifs standard de ses solutions d’investissement, «dans tous les cas où cela est possible». Il indique que «tous les aspects de cette approche seront mis en œuvre progressivement et en concertation avec nos clients. En outre, nous nous engageons à offrir ces solutions durables à des frais comparables à ceux des solutions traditionnelles». Le groupe entend dès cette année commencer à offrir des versions durables de ses portefeuilles modèles phares, y compris pour les modèles de la gamme «Target Allocation». Les ETF (exchange-traded funds), des fonds cotés qui suivent les indices de façon plus ou moins passive, ne seront pas oubliés puisque BlackRock prévoit également de lancer cette année des versions durables de ses fonds iShares d’allocation d’actifs. Larry Fink précise également que d’ici la fin2020, une intégration complète des facteurs ESG sera mise en œuvre dans l’ensemble des portefeuilles actifs et des stratégies de conseil. Autre mesure forte, le dirigeant indique que le groupe est en train de liquider dans ses portefeuilles d’investissement en gestion active discrétionnaire les titres publics (actions et obligations) de sociétés qui génèrent plus de 25% de leurs revenus à partir de la production de charbon thermique. Cette liquidation devrait être achevée vers le milieu de l’année2020. Il entend également mettre l’analyse ESG au cœur d’Aladdin, sa plateforme électronique de gestion des risques des investissements pour le compte des clients. Enfin, d’ici la fin2020, il s’engage à fournir des données «transparentes et publiques» concernant les caractéristiques des risques liés aux enjeux du développement durable (y compris des données concernant l’empreinte carbone et l’exposition aux secteurs controversés) – pour l’ensemble des fonds communs de placement de BlackRock. Cette fois, il ne s’agit pas d’une «fake letter» comme l’an dernier. Pour rappel, Larry Fink et BlackRock avaient été victimes en janvier 2019 d’une fausse publication de la lettre annuelle, postée également sur un faux site de BlackRock. Cette lettre assurait que le groupe comptait prendre des initiatives fortes en matière climatique.