L Catterton craque pour les sandales Birkenstock

le 26/02/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

L’an dernier, Permira s’était illustré dans le secteur de la mode en rachetant la marque italienne de sneakers Golden Goose pour près de 1,3 milliards.

L Catterton craque pour les sandales Birkenstock
(Bloomberg)

Une fois de plus, L Catterton marque de son empreinte le secteur de la mode. Le fonds soutenu par LVMH et Financière Agache, holding de Bernard Arnault, ont annoncé vendredi un accord avec la famille allemande actionnaire de Birkenstock, en vue de prendre une part majoritaire du célèbre fabricant de sandales. Le montant de la transaction est tenu secret.

L’opération, révélée par Bloomberg, est de haute volée. L Catterton aurait en effet accepté de mettre sur la table près de 4 milliards d’euros pour creuser l’écart avec son principal concurrent, CVC Capital Partners. Fin septembre 2019, date du dernier exercice fiscal publié, l’emblématique sandalier avait communiqué avoir généré un chiffre d’affaires de 722 millions d’euros (en hausse de 11 %), pour un résultat d'exploitation (Ebit) de 161 millions.

Le prix concédé par le fonds, environ 25 fois l’excédent brut du groupe, caracole donc à un niveau particulièrement élevé. Mais il va de pair avec l’engouement des investisseurs pour les marques premium dotées de réputations solides.

La sandale « made in Germany »

L’an dernier, Permira avait racheté la marque italienne Golden Goose, notamment connue pour ses paires de sneakers vendues près de 400 euros. L’opération avait alors permis à l’américain Carlyle, qui avait acquis le titre de propriété de la griffe pour 400 millions d’euros en 2017, de se désengager sur un niveau de valorisation proche de 1,3 milliard d’euros. Sur cette période de détention, le chiffre d’affaires était passé de 140 à 260 millions. En signant ce deal, Permira n’allait cependant pas en terre inconnue. L’investisseur britannique y a fait ses premiers pas en 2014, en prenant pied au sein de l’iconique marque anglaise Dr. Martens, notamment réputée pour ses chaussures montantes noires à semelle coussin d’air. Une opération des plus rentables. Signé à l’époque autour de 300 millions de livres, ce leverage buy-out (LBO) a commencé à être détricoté le mois dernier, avec l’introduction en Bourse de la marque… sur la base d’une valorisation de 3,7 milliards de livres.

Avec Birkenstock, L Catterton espère reproduire cet exploit. Pour ce faire, il compte notamment percer sur le marché asiatique – à l’origine du succès de Dr. Martens. Fondé il y a près de 250 ans, Birkenstock est passé du statut de fabricant de semelles orthopédiques disgracieuses à celui de concepteur de sandales « made in Germany » en vogue. Les ventes de ses pairs ont décollé de plus de 150 % ces six dernières années. En 2019, l’actrice Frances McDormand avait grimpé sur la scène des Oscars avec des Birkenstock aux pieds. En évitant toutefois de les marier à des chaussettes.

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