L’horizon de neutralité carbone mobilise les entreprises à travers le monde

Une étude de Zurich relève que 85% d’entre elles ont l’intention de mettre en œuvre des mesures d’adaptation au climat au cours des cinq prochaines années.
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Responsable de la gestion des risques au sein du géant mondial du transport maritime Maersk, Lars Henneberg estime que «le coût moyen des dommages physiques et des interruptions d’activité dus aux risques liés au changement climatique devrait augmenter de 130% d’ici à 2050, par rapport à la situation de référence de 2020». Volontaire ou contrainte par la réglementation ou l’argument financier, la conscience écologique grandit dans les entreprises à travers le monde. C’est bien ce que met en lumière une étude de l’assureur Zurich, en collaboration avec l’agence Horizon Group. Le rapport «Accélérer la transition climatique : une réflexion à long terme pour une action à court terme» est le fruit d’entretiens menés avec 668 cadres ayant des responsabilités liées au développement durable, dans quinze pays (dont 51 en France). 77% d’entre eux déclarent disposer d’un plan actif de transition vers la neutralité carbone. Ils sont 84% en France. Et 88% en Asie. Au niveau mondial, le secteur des transports apparaît à la traîne avec seulement 37% des entreprises indiquant œuvrer à un plan de transition vers cette consommation nette zéro. Les secteurs en pointe sont la finance (85%) et l’énergie (85%).

L’industrie lourde à la peine

Quand le terme de «plan» n’est pas précisé, ce sont 85% des entreprises dans le monde qui indiquent avoir l’intention de mettre en œuvre des mesures d’adaptation au climat au cours des cinq prochaines années. A ce titre, précise Zurich, «l’industrie lourde est celle qui progresse le plus rapidement, tandis que l’agriculture est la plus lente».

Défi réglementaire

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Pour autant, la mise au point d’une feuille de route tout comme sa mise en pratique se heurte à divers défis. Le plus important, cité par la moitié des personnes interrogées, est le coût et l’ampleur des dépenses d’investissement nécessaires, suivi de près note Zurich par «trois obstacles connexes : l’absence de solutions technologiques réalisables, les défis réglementaires et les difficultés à mesurer et à contrôler l’impact». Directeur des affaires politiques et gouvernementales de Zurich, Matt Holmes pointe le critère de l’action publique : «Les décideurs politiques peuvent soutenir la transition climatique des entreprises en effectuant des interventions systémiques à l'échelle de l'économie, telles que des mécanismes de tarification du carbone, qui peuvent exploiter le pouvoir des marchés de capitaux et encourager l’innovation et la décarbonation à grande échelle». Le dirigeant souligne dès lors trois priorités d’action pour les gouvernements : créer une certitude politique, faciliter l’investissement dans l’atténuation et l’adaptation, et donner un coup de fouet à l’innovation. Les entreprises sont sensibilisées, mais ont besoin de soutien public.

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