Les groupes européens gèrent mieux les retards de paiement
La crise sanitaire a accéléré la prise de conscience des entreprises sur les risques découlant des retards de paiement, montre l’édition 2021 du rapport annuel(European Payment Report) publié ce mercredi par Intrum. Ce rapport provient d’une enquête menée par le spécialiste suédois du recouvrement des créances entre le 26 janvier et le 16 avril dans 29 pays européens. L’échantillon est établi à partir des réponses de 11.187 entreprises de toutes tailles réparties dans 11 secteurs d’activité, dont 609 sociétés pour la France.
En moyenne, 59% des dirigeants européens interrogés ont décidé d’adopter une approche moins attentiste en vue d’atténuer le risque de retard de paiement pour leur entreprise. Cette proportion atteint 60% dans l’Hexagone et elle culmine à 67% pour les PME françaises. Au cours des 12 derniers mois, le délai de paiement effectif moyen en Europe est passé de 15 à 10 jours pour les clients gouvernementaux des répondants et de 14 à 11 jours pour leur clientèle d’entreprises, alors qu’il a légèrement augmenté pour les consommateurs (B2C) en passant de 7 à 9 jours. En France, les délais de paiement effectifs interentreprises sont tombés de 65 à 62 jours sur la période.
Soutien des grandes entreprises aux PME
«Alors qu’elles auraient dû être touchées de plein fouet par la fermeture des économies, les entreprises européennes ont globalement pu s’appuyer sur les aides gouvernementales pour éviter des problèmes de liquidité depuis 18 mois», commente pour L’Agefi Jean-Luc Ferraton, directeur général d’Intrum en France. Près d’une entreprise sur deux (49% en Europe et 48% en France) reconnaît ainsi avoir eu de la chance de survivre à l’impact du Covid-19 sur ses revenus et sa trésorerie en 2020.
«La pandémie a conduit les fournisseurs à être moins exigeants envers leurs clients en matière de délais de paiement dans un souci de responsabilité collective», souligne Jean-Luc Ferraton. Plus de la moitié (51%) des grandes entreprises françaises interrogées, contre 40% en 2020, ont accepté de rallonger leurs délais de paiementauprès des PME. En Europe, seulement 46% d’entre elles ont fait preuve d’une telle mansuétude cette année. «Pour des raisons d’ordre culturel, la France et les pays d’Europe du Sud ont traditionnellement des délais de paiement plus longs qu’en Europe du Nord», rappelle Jean-Luc Ferraton.
«L’évolution de la réglementation favorise cependant l’adoption de meilleures pratiques pour éviter une sanction pécuniaire ou réputationnelle», ajoute celui-ci. Les PME sont davantage touchées par les retards de paiement «car elles disposent de réserves moins importantes et dépendent de flux réguliers contrairement aux grandes entreprises», souligne le rapport, ajoutant que 40% des PME françaises interrogées considèrent que ces retards constituent un frein à l’embauche de nouveaux salariés.
Une normalisation de l’activité attendue d’ici à deux ans
A l’échelle européenne, 37% des chefs d’entreprise pensent que la crise n’aura plus d’impact négatif sur leur activité d’ici un an et 34% prévoient une normalisation dans un délai maximal de deux ans. Leurs homologues français partagent cette opinion à hauteur de respectivement 36% et 35%. Mais 62% des entreprises européennes et 64% des sociétés françaises déclarent être plus inquiètes que jamais par la capacité de leurs clients débiteursà les payer à temps.
Pour faire face à ce défi, respectivement 28% et 30% d’entre elles estiment que la réduction générale des coûts représente «une forte priorité». L’amélioration de la gestion de la dette est également considérée comme une initiative stratégique prioritaire par 26% des groupes européens et 25% des dirigeants français interrogés. Pour 70% des répondants européens, une accélération des paiements de leurs clients permettrait aussi à leur entreprise d’améliorer son écoresponsabilité.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel réalise une levée de fonds express pour financer le rachat de GCG
La société a réalisé une augmentation de capital de 500 millions d'euros via un placement privé avec une faible décote. -
ArcelorMittal renonce à redémarrer sa production en Ukraine
Le sidérurgiste luxembourgeois passera une dépréciation d’actifs d’un milliard de dollars sur son usine de Kryvyï Rih, touchée à plusieurs reprises par des frappes russes. -
L'Oréal place un emprunt obligataire de 2 milliards d'euros
Le groupe de cosmétiques a réalisé une émission en trois tranches.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Stéphanie Constand prend les commandes de la trésorerie et du financement d’Eramet
- Byzantine souhaite révolutionner la trésorerie d'entreprise avec la blockchain
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- L'Oréal place un emprunt obligataire de 2 milliards d'euros
- Malgré les tensions, les discussions autour de la restructuration de Casino se poursuivent
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionStéphane Boujnah, patron d'Euronext : « La France est touchée pas les sept fléaux de l'apocalypse »
Patron d'Euronext et ancien conseiller de Bercy sous Dominique Strauss-Kahn, Stéphane Boujnah dresse un diagnostic sans concession de la dette française. Mais il y croit : le redressement est possible, à condition de le choisir plutôt que de le subir, et de se rassembler. -
#DigitalCitizenL'IA et affaire Thélyson Orélien : je est un autre - par David Lacombled
Le recours aux solutions d’intelligence artificielle générative est si massif que tout écrit devient suspect -
In folioSophie Divry et Anaïs Llobet : harcèlement sur conjoint
Sophie Divry a le coup d’œil : elle pénètre tout de suite au cœur du couple que forment Isabelle et Xavier, relève chaque contrariété, chaque détail révélateur, jusqu’aux questions les plus triviales, celles qui pèsent le plus