Les entreprises accroissent leur appel au marché actions
Temps propices aux levées de fonds. Alors que les marchés actions occidentaux n’ont cessé de progresser depuis début 2016, les sociétés profitent de ces niveaux de valorisation plus élevés pour émettre du capital à meilleur compte. Les émissions secondaires ont atteint 3,9 milliards d’euros à Paris (hors les 4 milliards d’EDF) au premier trimestre pour 18 opérations, selon les données de Dealogic. Soit un rebond de 90% des montants en un an pour seulement 4 deals supplémentaires. Autrement dit les montants moyens sont bien plus élevés.
La tendance est la même pour l’Europe, où les montants levés au premier trimestre ont été multipliés par 2,7 en un an et approchent les 43 milliards d’euros. Mais le nombre d’opérations progresse seulement de 60% avec 287 deals.
Ce mouvement ne semble pas près de s’infléchir. Sur les quinze premiers jours du deuxième trimestre, déjà 1,2 milliard d’euros ont été levés en France pour 7 opérations, soit 36% des montants levés au deuxième trimestre 2016. Sur le marché européen, la proportion ressort à 35%.
L’approche des élections françaises aurait pu constituer un frein. Il n’en est rien. La semaine dernière, la biopharmaceutiqueErytech a facilement levé 70,5 millions d’euros, alors qu’elle visait initialement 50 millions. Non seulement la décote n’était que de 6% sur la moyenne vingt jours, mais encore l’action a gagné plus de 3% malgré une dilution de 26%.
Le 14 avril, Frey, le développeur de centres commerciaux de plein air, a annoncé le lancement d’une augmentation de capital de 100 millions d’euros. Soit près de la moitié de sa capitalisation boursière. Une opération annoncée le mois dernier. Cette levée permettra de financer l’important développement de Frey, qui compte devenir leader européen du secteur à moyen terme. Avec 27 droits préférentiels de souscription (DPS), les actionnaires pourront souscrire à 11 actions nouvelles au prix unitaire de 28,50 euros. Soit une prime de 12,25% sur le cours de jeudi. Il est vrai que le flottant est très faible. D’ailleurs, l’opération bénéfice déjà des engagements de souscription d’anciens actionnaires à hauteur de 24% pour Firmament Participations (famille Frey), de 21% pour Predica, de 11% pour AG Finance, de 8% pour Effi Invest II ; et de nouveaux actionnaires, Cardif Assurance Vie et Sogecap, chacun à hauteur de 14%. La souscription est ouverte du 21 avril au 3 mai.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
Fonds européen de défense : transformer une complexité en avantage industriel
Faire de cet outil européen, puissant mais exigeant, un avantage industriel réellement accessible aux entreprises, et notamment aux PME, impose d'en maîtriser la logique, estiment Solenne Desprez-Braun et Serge Monturet, du cabinet F.Initiatives. -
Abivax confirme son statut de biotech française préférée de Wall Street
La société a levé 800 millions de dollars aux Etats-Unis via l'émission de nouveaux certificats de dépôt qui ne pèsent pas sur le cours de l'action en dépit de la décote offerte.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable