L’Amrae, l’Ademe et Bercy lancent une cartographie du risque climatique pour les entreprises
Les pertes financières d’un scénario d’une crue de la Seine de type 1910 sont estimées entre 21 et 42 milliards d’euros selon l’étude CCR 2025. C’est un fait, « le changement climatique a de nombreux effets sur les activités économiques des entreprises », rappelle Michel Josset, co-président de la commission prévention et dommages au sein de l’Ademe et directeur des assurances de Forvia. Le dirigeant s’exprimait à l’occasion de la présentation de MaCarto-Climat.fr, une application gratuite destinée aux TPE, PME et ETI qui permet de réaliser en quelques étapes une cartographie personnalisée des risques climatiques.
Réalisée conjointement par l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae) et l’Ademe avec la direction générale des entreprises (DGE), cette troisième application capitalise sur le savoir-faire en gestion des risques et en méthodologies de cartographie de l’Amrae, après les plateformes ma cartodesrisques.fr et lesrisquesdemacollectivité.fr. Pour ce faire, la DGE et l’Ademe se sont rapprochés des groupes de travail climat et adaptation de l’Amrae mais également de grands groupes tels que Valeo, Air Liquide ou Pierre & Vacances afin de recueillir leurs expertises.
Chaînon manquant
Cependant, préviennent les auteurs, cet outil ne permet pas d’obtenir « un diagnostic approfondi des risques climatiques physiques, et devra à ce titre être la première étape d’un parcours d’adaptation et être complété par un diagnostic plus approfondi ».
L’outil se base sur le déclaratif de l’entreprise. « En 2-3 heures de travail collectif, les différents services (maintenance, finance, ...) peuvent remplir les éléments demandés », affirme Robert Bellini, directeur adjoint du département climat au sein de l’Ademe. Des informations demandées qui doivent être réalisées « site par site » en raison des effets localisés et pour un horizon temporel donné (2030, 2050, 2100). L’outil analyse ces données à travers 6 composantes de la chaîne de valeur : matières premières, production, opérations, processus et infrastructures, personnes, réseau et systèmes, logistiques et transports, demandes et ventes. Neuf aléas climatiques liés aux températures (feux de forêt…), à l’eau (inondations...), au vent (cyclone, tornade, …) ou au sol (affaissement…) sont intégrés dans l’analyse. Enfin, pour chacun des couples composantes / aléas avec des impacts potentiels, trois métriques sont à évaluer : évolution de l’aléa climatique (de neutre à critique), sensibilité climatique (de neutre à critique), niveau de maîtrise des plans d’actions (de non initié à terminé).
Pour Sandrine Berthet, déléguée à la transition écologique auprès de la DGE, « il manquait un chaînon sur comment travailler au niveau des filières sur des schémas d’adaptation. Si l’on parle beaucoup de la décarbonation comme un outil de compétitivité pour les entreprises, on parle encore peu de l’adaptation. Or, cela joue sur la pérennité des business à moyen terme : conditions de travail, chaine d’approvisionnement… »
La DGE propose également des guides sectoriels sur l’adaptation des entreprises aux aléas climatiques, tout comme la Banque de France qui propose depuis l’année dernière un indicateur climat de transition. Des initiatives qui s’inscrivent dans le cadre du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3). Toutes les parties se sont concertées « pour avoir une idée du puzzle des éléments afin d’aider l’écosystème économique à devenir résilient face aux défis climatiques. Mais il existe toujours un manque de données et de retours d’expériences. A marche forcée, avec des expérimentations comme celles-ci pour se saisir du sujet », conclut la déléguée à la transition écologique auprès de la DGE.
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