La prolongation des prêts garantis par l’Etat questionne l’avenir des prêts participatifs
Changement de philosophie pour les prêts garantis par l’Etat(PGE). Le dispositif, qui devait initialement prendre fin le 30 juin 2021 et avait déjà été repoussé de 6 mois, sera distribué jusqu’au 30 juin 2022, a confirmé le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, au Figaro. Sur l’enveloppe de 300 milliards d’euros prévue au début de la crise, les banques françaises ont déjà distribué 142,7 milliards d’euros de PGE à 692.755 entreprises, selon les derniers chiffres de la Fédération bancaire française (FBF) au 15 octobre 2021.
Cette prolongation fait rentrer les prêts garantis dans une nouvelle dimension. « Les PGE ont été mis en place pour gérer une situation d’urgence, leur modèle a été construit au début de la crise sanitaire, lorsque nous n’avions pas de visibilité sur la durée de la crise et la reprise », rappelle la FBF. Lancés en mars 2020 pour préserver la trésorerie des entreprises mis à mal par la crise, ils rentrent désormais clairement dans la philosophie de la relance et de la reprise. « Toutes les entreprises qui avaient des perspectives avant la crise sanitaire doivent pleinement profiter de la reprise », défend Bruno Le Maire dans les colonnes du quotidien.
Un rôle pourtant confié à l’origine aux prêts participatifs, censés renforcer les fonds propres des entreprises et les aider à relancer leur activité. Mais leurs débuts poussifs met en doute leur décollage alors qu’ils sont censés prendre fin juin 2022 eux aussi. La FBF soutient pourtant leur utilité et complémentarité avec les PGE : « Un prêt participatif ne répond pas à la même logique d’un PGE, mais s’inscrit dans une réflexion de plus long terme sur les projets et la structure financière de l’entreprise. »
Critiqués par les assureurs, qui les financent, pour leur asymétrie d’information et leur rentabilité, et par les entreprises qui les jugent trop complexes et trop chers, les prêts participatifs doivent évoluer. Bercy devrait communiquer sur le sujet dans les prochains joursa appris L’Agefi, alors qu’il est difficile d’imaginer que les 11 milliards d’euros déjà mobilisés par les assureurs seront distribués d’ici juin 2022. Les obligations relance, autre outil annoncé par Bercy dans le cadre du régime de garanties d’Etat autorisé par la Commission européenne, devrait tout juste être lancé dans les jours à venir.
La balle est désormais dans le camp de Bruxelles, qui devrait se prononcer le 17 novembre sur la prolongation du dispositif.
Plus d'articles du même thème
-
Orange investit dans le spécialiste des agents IA autonomes HappyRobot
L'entreprise californienne porte à 200 millions de dollars le total de ses fonds levés à l'occasion de cette série C de 150 millions. -
Bridgepoint dépasse son objectif pour son fonds de prêt direct
Bridgepoint Direct Lending IV totalise 5,1 milliards d’euros dont 40 % ont déjà été investis, malgré les doutes qui planent encore sur le secteur de la dette privée. -
Ardian accompagne un éditeur de logiciel français via de la dette privée
Le financement accompagne un changement d'actionnariat dans la société Arche MC2.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Liane Santenero rejoint la Société Générale au service international des grands clients
- La réforme de la facture électronique est mise au défi opérationnel du dernier kilomètre
- Forvia donne des gages de redressement sans venir à bout des doutes des investisseurs
- Pierre Pelouzet rempile à la médiation des entreprises
- Payhawk complète sa boite à outils de gestion des dépenses
Contenu de nos partenaires
-
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme -
CouscoussièrePourquoi la classe politique reste si dépendante au réseau social X
Malgré les appels au boycott, le réseau social d’Elon Musk demeure incontournable avec près de 600 millions d’utilisateurs actifs. Seuls quelques puristes à l’image de Sandrine Rousseau ont migré sur Bluesky, sacrifiant un peu de leur visibilité médiatique au nom de leurs valeurs.