Genfit augmente sa marge de manœuvre pour financer sa R&D
Genfit accroît ses ressources financières afin de mener à bien le développement clinique de son principal candidat-médicament. Spécialisée dans les maladies gastro-intestinales, la société a procédé hier à une émission d’Oceane (obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions nouvelles et/ou existantes) pour un montant final de 180 millions d’euros tiré par une forte demande, à comparer aux 150 millions initialement visés. «Cette opération représente la plus importante émission d’obligations convertibles effectuée par une société biopharmaceutique en Europe et la première de taille significative en France», commente Eric Arnould, responsable mondial du marché primaire actions chez Natixis, coordonnateur de l’opération avec Kepler Cheuvreux.
Ce placement privé auprès d’investisseurs institutionnels se traduira par la création d’un peu plus de 6 millions d’obligations au prix unitaire de 29,60 euros, ce qui fait ressortir une prime de 30% sur le cours de référence de l’action fixé à 22,77 euros. Les obligations, émises au pair, porteront un taux d’intérêt annuel de 3,5% payable semestriellement à compter du 16 avril 2018, le règlement-livraison des titres étant prévu le 16 octobre prochain. Sauf remboursement anticipé possible à compter du 6 novembre 2020, leur échéance est fixée au 16 octobre 2022. La dilution maximale en cas de conversion de la totalité des Oceane en actions nouvelles s’élèverait à 19,5% du capital actuel.
Au 30 septembre dernier, la société disposait de 113,8 millions d’euros de trésorerie, alors que les levées de fonds réalisées voici un an lui avaient permis d’afficher 152,4 millions à fin 2016. Elle a donc brûlé près de 39 millions de cash en neuf mois. La mise au point d’elafibranor, molécule destinée à combattre une maladie hépatique nommée NASH, entraîne une accélération de sa consommation de trésorerie «dans un contexte d’inflation exogène du coût par patient des essais cliniques dû à l’intérêt croissant de nombreux acteurs de l’industrie pharmaceutique» pour cette pathologie, souligne Genfit.
«Avec quatre émissions de convertibles (Artemis, Vallourec, Elis, Genfit) réalisées depuis un mois en France, le dynamisme de ce segment de marché se confirme et offre une alternative bienvenue en matière de financement à des ‘mid-caps’ appartenant à des secteurs d’activité diversifiés», conclut Eric Arnould.
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