La Société Générale rapproche ses réseaux en France
Chahutée en Bourse, la Société Générale engage la restructuration de ses réseaux en France. Le groupe a annoncé mercredi matin dans un communiqué « étudier la création d’une nouvelle banque de détail » qui passerait par le rapprochement de ses deux enseignes Société Générale et Crédit du Nord, confirmant une information du Figaro.
L’action Société Générale gagnait 2,13% mercredi à 13h30, à 11,90 euros.
« Après avoir achevé avec succès la première étape de la transformation de nos réseaux, nous lançons une nouvelle étape stratégique en tirant toutes les leçons de la crise sanitaire et économique et de l’évolution permanente des besoins des clients pour conforter la compétitivité commerciale et financière à long terme de nos fonds de commerce », commente Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale.
Informatique unifiée
Ensemble, les deux réseaux bancaires compteraient près de 9 millions de clients particuliers et de 1 million de clients professionnels et entreprises. Ils affichent, selon la Société Générale, une « forte complémentarité en termes d’expertises et de présence géographique ».
Le lancement de l’étude « a été validé par le conseil d’administration » du groupe, ajoute la Société Générale. Elle « devra en particulier définir les conditions du déploiement d’un dispositif territorial permettant de renforcer le pouvoir de décision au niveau local, de développer la proximité du service rendu à nos clients et de gagner toujours plus en agilité et en réactivité. Elle examinera également les conditions de mise en oeuvre d’un système d’information unifié », précise le communiqué.
L’étude sera conduite d’ici la fin du mois de novembre. Sébastien Proto, nommé début août directeur général adjoint en charge des réseaux de banque de détail en France, en aura la responsabilité avec les dirigeants et les équipes des deux réseaux. « Le projet qui en résulterait le cas échéant intégrerait les dimensions sociales, sociétales et environnementales et ferait l’objet d’échanges et des consultations nécessaires avec les partenaires sociaux, dans le respect de notre tradition d’employeur responsable », ajoute le communiqué.
Des marques régionales
La Société Générale doit présenter des gages au marché alors que son action traite à des niveaux déprimés. La banque, qui a annoncé cet été une réorganisation de sa direction, se paie en Bourse à moins de 20% de son actif net comptable.
Le rapprochement des réseaux Société Générale et Crédit du Nord constitue un tournant pour la banque, qui faisait valoir jusqu’à présent la diversité de son modèle de distribution : un réseau national (SG), une banque composée de différentes enseignes régionales (Crédit du Nord), et un acteur 100% numérique, Boursorama. Racheté en 1997 à Paribas, le Crédit du Nord coiffe huit banques régionales dont certaines très visibles localement (Société Marseillaise de Crédit, Courtois, etc…). Autant de marques qu’il est cependant coûteux de faire vivre.
Par le passé, le groupe avait aussi engagé la convergence des systèmes informatiques de la Société Générale et du Crédit du Nord. Un projet abandonné en 2015 en raison de son coût et de la priorité donnée aux investissements dans le digital.
A fin 2019, le Crédit du Nord affichait 73,6 milliards d’euros de total de bilan en données consolidées, pour un produit net bancaire de 1,8 milliard et un résultat net de 328 millions. Les données détaillées à fin juin 2020 ne sont pas publiées.
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